Bagheerafrica

Chapa n° 7 Le Kenya

Le Chapa N° 07. (Kenya)

 

 

 

Mardi 16 décembre : allez hop ! Encore une frontière de passée. Pour sortir de Tanzanie pas de difficultés, c’est vite expédié. Pendant que Marc se balade de bureau en bureau, je réponds à un questionnaire sur notre séjour en Tanzanie. Je ne manque pas de dire à mon interlocuteur que conduire dans son pays relève de la folie et que les chauffeurs de bus et de matatus (les chapas d’ici) sont dangereux.

Côté Kenya, c’est un peu plus long surtout quand au moment de régler la taxe routière on nous réclame la puissance du moteur alors que nous n’avons que la puissance fiscale à leur donner. Cela ne fait pas l’affaire. Après renseignements auprès du chef de service, la fonctionnaire qui se marre devant notre incapacité à nous exprimer correctement en anglais nous fait payer 20 $ US. Sur l’imprimé, la jeune femme remplie pour nous la catégorie de notre véhicule, nous attirons son attention lorsqu’elle nous enregistre comme véhicule de commerce mais elle nous explique que si elle marque privé ou tourisme nous allons payer deux fois plus cher. Nous sommes donc d’accord avec son initiative et nous l’en remercions.

Les agents de change sont discrets et lorsque nous les renvoyons gentiment, car nous voulons garder nos shilling tanzanien pour le retour, ils ne discutent pas.

 

La route est tout autant en mauvais état que du côté tanzanien. Il y a beaucoup de travaux et donc beaucoup de déviations poussiéreuses et accidentées.

Nous retrouvons comme en Afrique du Sud, de longs kilomètres de barbelés qui protègent de grandes exploitations agricoles et fermières. Nous trouvons un bivouac semi sauvage pas très loin de la grande route, cela fait très longtemps que nous n’avons pas dormi en dehors d’un camping. A notre approche de la clôture d’une immense propriété, deux petites gazelles détalent, un peu plus loin, plusieurs zèbres en troupeau paissent et se déplacent lentement. Nous passons une très bonne nuit.

 

Les embouteillages recommencent le lendemain à l’entrée de Nairobi. De gigantesques travaux perturbent le trafic déjà pénible. C’est à qui passera devant l’autre et à ce petit jeu, les matatus sont presque toujours gagnants.

Avec les point GPS mais après un petit cafouillage qui nous mène dans un drôle de quartier, nous arrivons devant le portail du Jungle’s Jonction. Il y a pas mal de voyageurs dans ce petit campsite-guesthouse (camping et auberge). Nous sommes tout de suite très bien accueillis par Dancan le jeune réceptionniste qui nous fait les honneurs de la maison et nous en explique le fonctionnement. Nous faisons la connaissance de Chris (d’origine germanique) qui est le patron et qui parle un français presque parfait. Horreur ! Il y a deux chiens de garde dans la petite propriété, ouf  non, ce sont deux chiennes et Ulysse pactise rapidement avec Pipa et Boumba.

Nous expliquons nos soucis mécaniques à Chris qui nous conseille d’aller rapidement chez IVECO. Les fêtes de fin d’année approchent !

 

Nous nous rendons à l’adresse indiquée sur notre listing IVECO mais ce n’est plus la bonne adresse, IVECO est maintenant représenté par CMC. Après avoir poireauté un peu à l’accueil, bafouillé au téléphone avec une jeune femme qui nous demande le numéro de châssis de notre véhicule et si nous voulons une assistance, on nous envoie finalement un mécano, John, le chef d’atelier IVECO. Nous arrivons en pleine pause méridienne. John, nous fait entrer dans la cour d’un immense garage où de nombreux camions et autobus attendent d’être réparés. En attendant que le personnel revienne, nous déjeunons dans notre camion.

Puis John, après un bref déplacement avec Bagheera en ville pour écouter ce fameux bruit qui nous tracasse, nous fait rentrer à l’atelier. Nos explications en anglais ne sont pas toujours très compréhensibles (les termes mécaniques ce n’est pas notre fort) mais avec l’aide du dictionnaire français-anglais et beaucoup d’attention de la part de nos interlocuteurs, nous arrivons à leur faire comprendre nos soucis. John fait mettre Bagheera sur cales, je démarre le moteur et fait tourner la transmission en cinquième, tout le monde écoute, certains mécanos sont sous le camion, les oreilles aux aguets. John ne pense pas que cela vienne de l’embrayage, il a une petite idée et fait démonter le pont arrière. A notre grand étonnement, les mécaniciens trouvent des morceaux de pignon dans l’huile, il doit manquer quelques dents ! D’autres ouvriers penchés sur le moteur diagnostiquent le mauvais état de la pompe à eau, d’où cette nouvelle odeur depuis le Kilimandjaro et un sifflement de plus en plus régulier.

Notre Bagheera se retrouve rapidement entre les mains de plusieurs mécanos qui démontent et qui démontent sans trop se soucier de nous. Nous les arrêtons car à ce train, nous n’aurons pas de quoi nous loger cette nuit. 

Pour nous permettre de retourner nous installer au camping en attendant les pièces de rechange : pompe à eau, courroie, ensemble pignon-couronne du pont arrière qu’ils n’ont pas plus ici qu’à Dar-es-Salaam en Tanzanie et qu’ils doivent commander en Italie puis qui  transiteront paraît-il par l’Afrique du Sud, John,  après avis du Manager, fait tout remonter en l’état  en nous conseillant de ne pas faire trop de kilomètres.

A tout bien réfléchir, nous décidons d’un commun accord que c’est nous qui commanderons les pièces par l’intermédiaire d’IVECO Saumur et que nous les ferons parvenir au Kenya par DHL. Nous ne reviendrons au garage, que lorsque nous aurons reçu le matériel et acheté une toile de tente pour remplacer notre case roulante qui sera immobilisée pendant les réparations.

Malheureusement, le tripatouillage de la pompe à eau et le remontage serré de la courroie toute neuve que j’ai sorti du coffre, ne plait pas à Bagheera. A environ trois kilomètres après le garage et en pleine circulation, la courroie casse. Pour ne pas faire trop de kilomètres, c’est gagné ! Je dois me mettre à la mécanique pendant qu’Eve part acheter une carte SIM pour le téléphone.

 

Je demande où je peux m’en procurer une, à la caissière de la station service la plus proche qui me renvoi plus loin. Je repose la même question dans un petit supermarché, on me renvoi plus loin encore. Je me retrouve près d’un marché, affublée d’un mec qui veut me servir de guide mais je fais mine de l’ignorer demandant mon renseignement exclusivement à des femmes. Finalement à force d’indications, une jeune coiffeuse me mène dans les dédales étroits du marché couvert jusqu’à une minuscule boutique où je peux enfin acheter ma carte téléphone et une recharge. Sans donner l’impression de m’échapper rapidement de ce lieu où une blanche seule ne passe pas inaperçue, je file à grande enjambée rejoindre Marc et Bagheera.  

 

J’arrive, en me brûlant un peu, à remettre l’ancienne courroie en la laissant plus souple, mais elle casse à son tour un kilomètre plus loin, la pompe à eau doit être complètement bloquée.

Nous voilà en panne moteur, en pleine ville et à la nuit tombante ! Un couple de jeune « Sud-Africain » nous indique un camping tout proche. Ils m’emmènent voir le patron Alan, qui sans problème vient avec son Land Rover 4x4 tracter Bagheera jusque chez lui, au Wildebeest Camp. Tout est OK, nous sommes installés sur le parking, sauf qu’ils ont un beau chien mâle et que juste avant de nous  coucher, Ulysse et lui se bagarrent assez durement. Du coup, la patronne nous fait comprendre qu’après cette nuit, nous ne pourrons pas rester plus longtemps chez eux. Il va falloir rapidement trouver un moyen de faire remorquer le camion jusqu’au Jungle’s Junction, chez Chris.

 

Le lendemain matin après avoir pris un copieux petit déjeuner (inclut dans le prix du camping) servi par un mince et discret Massaï en tenue traditionnelle (que ne ferait on pas pour le touriste) nous payons et partons à pied courageusement pour le camping de Chris en laissant Ulysse dans le camion. Mine de rien c’est loin, le soleil nous cogne rapidement sur la tête, les klaxonnes nous soulent, les trottoirs de terre sont en mauvais état, de quoi agacer nos humeurs.

 

Chris nous conseille de faire tracter le camion par des professionnels, il y a des dépanneuses un peu partout le long des boulevards, mais on ne sait jamais !

Nous prenons le bus pour aller au bureau de l’Automobile Association of Kenya « AA » où ils sont d’accord pour tracter nos 4 tonnes d’un camping à l’autre (5 à 6 km) moyennant 65 € environ.

Eve signe la commande et nous partons avec deux bons hommes dans une grosse dépanneuse à damiers jaune et vert. Du parking du camping, ils sortent le camion en marche arrière jusqu'à la rue. Puis après avoir accroché Bagheera derrière la dépanneuse avec une grosse barre d’attelage, nos deux chauffeurs prennent, l’un le volant de la dépanneuse avec Eve à ses côtés et l’autre celui du camion, moi comme passager, et nous voilà partis. A 600 où 700 mètres de notre but, nous arrivons dans la grande descente de Kingara Road suivie d’une belle remontée. Le chauffeur du tracteur ayant surement  peur de ne pas remonter, aborde la pente un peu vite, quand il ralenti, les 4 tonnes de Bagheera se déportent sur la droite, et le chauffeur du camion ne freine pas assez pour le remettre en ligne. Il continue à pousser sur la droite et arrive à mettre la dépanneuse de travers et même à la coucher. La barre d’attelage se rompt bien sur, et nous filons droit dans un poteau téléphone en bois et le coin d’un gros trottoir. Bagheera embouti l’ensemble et se couche sur sa droite sur un gros fer U scellé au bord du trottoir pour protéger les passants !

 

Je remarque que la dépanneuse se déporte vers la droite, du côté des voitures en sens inverse car ici la conduite est à gauche. Cela va très vite, le chauffeur essaye de redresser mais c’est la « cata » le véhicule se couche sur son côté gauche et nous glissons sur la chaussée. J’ai peur qu’on ne fasse des tonneaux et je ne remarque même pas que Bagheera nous passe sur le côté, avant d’aller s’emplafonner et se renverser. A mes côté, enfin non, au dessus de moi, le chauffeur est accroché à son volant, je n’ai qu’une idée en tête, m’extraire de ce merdier. Je me relève et me sens hissée à l’extérieur par la vitre ouverte de la portière du conducteur. A voir le camion couché, je mesure la gravité de la situation, je me mets à trembler et à pleurer. Pendant qu’on m’emmène reprendre mes esprits et qu’on m’oblige à m’asseoir sur un muret, je vois Marc qui est sorti je ne sais pas encore comment des entrailles de Bagheera, mais je ne distingue pas Ulysse.  Dès que je peux, j’échappe à mes gardiens qui veulent que je me calme, pour rejoindre Marc et constater de plus près les dégâts et voir Ulysse qui est près de son maitre. Le spectacle est désolant et affreux, je pense que le voyage en Afrique vient de prendre fin au Kenya. Je ne ressens aucunes douleurs physique à part quelques petites égratignures au coude gauche (celui qui a râpé sur le bitume) une femme vient me consoler et me conduit dans la maison d’une dame, qu’elle appelle Ma Sœur et me prodigue quelques soins sur mes égratignures qui saignent un peu. Reprenant un peu mes esprits je sens maintenant que j’ai un peu mal aux côtes côté gauche du dos. Les badauds se groupent, de nombreux « blancs » en voiture où en motos s ‘arrêtent pour nous demander si nous avons besoin d’assistance.     

 

C’est un « bel » ACCIDENT. Le chauffeur et moi, nous sortons du camion par l’avant car il n’y a plus de pare brise. On se tâte, pas de gros bobos apparents, j’ai juste quelques égratignures aux coudes et des petits hématomes sur les jambes, même Ulysse va bien semble t’il. Les chauffeurs cramponnés à leurs volants n’ont rien du tout. Ils appellent leur bureau pour avoir un camion dépanneur et de notre côté, Eve appelle Chris pour qu’il vienne avec une voiture chercher le matériel qui craint le plus le vol, appareil photo, caméscope, ordinateur, argent liquide qui est planqué, disque dur, bière ! Mais aussi les produits de première nécessité, linge de rechange, produit de toilette, les croquettes d’Ulysse et les produits frais (tomates, patates, oignons …) qui sont éparpillés dans l’habitacle sans dessus dessous, c’est un vrai capharnaüm, c’est une désolation de voir notre Bagheera dans cet état. L’extérieur du camion n’est pas beau à voir mais l’intérieur est indescriptible ! Eve est un peu choquée et Chris la ramène ainsi qu’Ulysse au camping.

Après un rapide coup d’œil, quand le camion est encore couché, je peux constater  que le boitier de direction était complètement cassé, que le carter du pont avant a un gros trou, que le triangle de la roue avant gauche est tordu et la fixation du silentbloc cassée.

 

Pour nous dépanner dans l’urgence, Chris nous prête et monte deux petites toiles de tente. L’une  va nous servir de chambre et l’autre de garage pour le matériel. Je suis choquée et un peu perdue, heureusement que Giuliana, une routarde italienne (qui parle très bien le français) vient me tenir compagnie,  me réconforter, en me racontant ses multiples déboires (accidents, vols…) qu’elle a eu depuis qu’elle voyage en Afrique et qui se sont toujours bien terminés. Je range comme je peux tout le fourbi que nous avons pris en urgence.       

 

Le camion de dépannage appelé par « AA » redresse la voiture dépanneuse qui était largement sur la chaussée. Les agents de police arrivent ensuite mais ne sont pas contents que « AA » n’ait pas laissé tout en place pour le constat. Ils comprennent, vue la circulation, qu’il fallait dégager la route, surtout que les circonstances de l’accident sont très claires et que « AA » en prend, semble t’il toute la responsabilité.

La police fait un bref constat, et le camion redresse Bagheera à son tour en lui tirant dessus. Pour le déplacer il faut le soulever car la direction est totalement cassée, la roue avant gauche est crevée et coincée dans le garde-boue Une fois redressé, je remarque que le capot, la portière passager, la calandre, la traverse avant, le pare buffle, le montant d’un coté de pare brise, les rétroviseurs, etc. sont complètement HS et du côté verres, le pare brise, la vitre passager, un clignotant d’aile, un clignotant avant sont aussi brisés. IL y a aussi le radiateur, et peut être les deux ventilateurs électriques. Enfin tout l’avant de Bagheera a triste allure, par contre, la cellule n’a apparemment presque rien.

Nous emmenons  les deux véhicules au poste de police où ils sont provisoirement bloqués en attendant de savoir si tout le monde est OK du coté santé ou bien s’il faut que nous allions faire un bilan à l’hôpital. Rendez vous le lendemain matin.

 

Chris est décidemment formidable, il est allé chercher Marc chez les flics et ils ont encore profités de la voiture pour ramener quelque’ uns de nos  effets personnels. Etant complètement déboussolés, nous commandons à diner au resto du camping. Cela nous fait du bien de manger car le dernier repas remonte au super petit dèj du matin et les émotions ça creusent. Nous ne trainons pas, nous inaugurons notre nouveau home, nous voilà devenus campeurs et Ulysse est cantonné dans la tente annexe. Chris nous a prêté deux matelas fins qui ne sont pas confortables (mais ça dépanne) Nous ne trouvons pas le sommeil, nous refaisons le film de la journée et de l’accident. Je ne peux pas dormir ni sur le côté gauche, ni d’ailleurs sur le côté droit tellement la douleur est violente au niveau des côtes. A coup sur, j’en ai une de fêlée ! La nuit est froide, heureusement que Marc a ramené notre couette du camion. Il y a également trop de bruits environnants, trop de voitures et de bus qui passent, trop de klaxonnes, trop de chiens qui aboient, trop de gens qui papotent sur le trottoir !                 

 

Vendredi matin, nous avalons un petit déjeuner succinct qui se résume à nos yaourts que nous avons sauvés. Nous prenons le bus pour nous rendre au poste de police. Nous déclarons, malgré nos petits bobos, que nous n’avons pas besoin de passer à l’hôpital. Nous ne voulons pas retarder l’envoi de Bagheera au garage IVECO où il doit subir une expertise pour chiffrer le montant de la réparation avant le week-end.

 

Bageera est sur ses quatre roues mais fait triste à voir. Notre pare-brise est resté sur le bas côté de la route et Marc pour protéger l’intérieur a tendu à sa place les rideaux de douche du coin toilette. Dedans, il a également presque tout remis en  place mais le spectacle n’est pas réjouissant. « AA » nous met à disposition (c’est le moins qu’ils puissent faire pour le moment) une voiture pour que nous ramenions au camping toutes nos fringues, nos draps, nos oreillers, nos serviettes de toilette, un peu de vaisselle, nos produits de toilettes, quelques bouquins, tous nos produits frais qui étaient restées dans le frigo, une provision de conserves et de produits alimentaires de base et de quoi nous préparer nos petits déjeuner coutumiers. Et comme il y a de la place dans l’immense coffre de leur voiture, nous embarquons notre table,  les chaises et notre matelas. Pendant que Marc reste à la station de police pour accompagner Bagheera jusqu’au garage IVECO, je m’en retourne avec le chauffeur de « AA » au camping et j’ installe notre barda dans les deux petites toiles de tente, mais pas facile de faire du « 4 pattes » avec une côte fêlée.              

 

Samedi matin  Eve souffre de plus en plus, nous nous demandons si nous n’aurions pas dû faire un checkup quand même, mais cela est trop tard pour revenir sur notre décision.

Chris qui parle couramment l’allemand, l’anglais et le français nous sert d’interprète, il est d’un grand secours et nous lui en sommes très reconnaissants. Il téléphone à John qui nous informe qu’il a commencé la liste des pièces détachées à commander et qu’un expert doit venir lundi prochain à 15 heures, il nous invite à être présents.

 

L’après midi, nous allons courageusement à pied à « Nakumatt »  le supermarché le plus  proche. Pour y aller nous sommes obligés de passer par la rue de l’accident, à l’endroit tragique, un des gardiens de maison me reconnaît, nous nous faisons un petit signe de la main, ma seconde d’inattention me vaut de ne pas voir un trou rempli d’eau croupie et boueuse et ce qui devait arriver, arriva, ma jambe gauche s’enfonce jusqu’au genou dans la fange. Ca pue, je suis crade et j’ai bien du mal à récupérer ma tong qui git dans le bourbier. Le gardien a pitié de moi et me propose un peu d’eau pour nettoyer mon pantalon. Y’a des chances pour que dans le magasin mon allure pas très nette et mon odeur fétide ne passent pas inaperçues.

Nous faisons un premier ravitaillement et trouvons dans le rayon camping une toile de tente pas trop chère et prévue pour quatre personnes. Ulysse pourra même y trouver sa place dans l’avancée car la nuit passée, il a déserté sa « chambre » dans l’annexe et pour ne pas le voir gambader toute la nuit dans le camping, nous l’avons fait entrer avec nous dans la petite toile. Il n’a pas beaucoup de place et pose son gros museau sur les fesses de son maitre qui ne cesse de le repousser en grognant mais en vain.  

 

Lundi 15h30, je suis avec Chris chez IVECO mais pas d’expert en vue, Bagheera est calé sur l’avant pour l’inspection du dessous, le filtre à air est lui aussi cassé, mais John semble confiant pour la réparation, il montre à Chris la première liste de pièces (elle est en anglais), et il nous donnera des nouvelles par téléphone.

Mardi, nous avons effectivement des nouvelles, l’expert est bien venu hier mais en fin de journée, il est de nouveau sur place au garage ce matin, et il y a une réunion avec « AA » cet après midi.

Mercredi matin, 24 décembre, la liste du matériel et le chiffrage de la réparation semblent convenir à l’expert, nous allons maintenant entrer dans la phase dépannage, sauf que le garage ferme pour plusieurs jours à l’occasion des fêtes de Noël et ils font le pont. L’assurance doit donner réellement son feu vert cet après midi !

 

C’est le réveillon de Noël, pour la circonstance, nous avons acheté une guirlande rouge et l’avons installé sur l’auvent de notre toile de tente qui est notre cadeau de Noël et qui nous rappelle un peu que nous sommes malgré les circonstances en pleine période de fête,  ce soir c’est barbecue. Pratiquement tous les voyageurs du camping (une vingtaine) se sont inscrits et se retrouvent autour du barbecue,  du feu de camp et de Chris qui fait griller les viandes. Nous ne sommes pas les seuls français, Stéphane, un jeune routard alsacien est avec nous. Il a commencé son périple africain en vélo mais il est maintenant à pied. La soirée est très calme tout comme le lendemain.  

 

Lundi matin, comme nous n’avons aucunes  nouvelles, nous prenons le bus et finissons à pied pour nous rendre au garage. John est désolé, il nous informe qu’il n’a toujours pas l’autorisation de commencer les réparations. Après quelques explications nous apprenons que l’assurance demande la visite d’un deuxième expert. Le premier devis se monte à 20 000 €, alors l’assurance doit un peu tiquer ! Il nous faut encore attendre et attendre. Heureusement qu’au camping nous sommes bien installés et que tous les autres voyageurs (à pied, en motos ou en voitures 4x4) et de diverses nationalités sont  sympas.

 

Comme nous prévoyons d’être des résidents au camping pour quelques semaines encore, nous prenons nos marques. Nous installons tout d’abord nos deux toiles de tente (nous avons seulement gardés l’annexe de Chris) plus loin de la route pour avoir plus de calme. Puis nous nous attribuons plusieurs étagères des placards de la cuisine avec notre ravitaillement  et une partie d’une étagère du frigo commun. Les ustensiles de cuisine et la gazinière sont à la disposition de tous les pensionnaires du camping, il suffit simplement de faire sa vaisselle. Célina et Rose, deux kenyanes veillent à la propreté des lieux et sont de véritables fées du logis. Un grand salon où trônent quatre grand canapés et deux fauteuils permet aux accrocs d’Internet de s’installer confortablement et de pianoter grâce au réseau wifi disponible. Bien que notre PC soit compatible avec le réseau wifi, nous ne pouvons pas  accéder à Internet. J’ai, lorsque nous étions en France, installé le contrôle parental sur mon ordi et je ne me rappelle plus le mot de passe pour le désactiver. J’entends d’ici quelques réflexions : ce qu’elle est bête tout de même !

 Pour les matins frais ou les soirées frisquettes, nous avons une salle à manger à notre disposition, dans un bâtiment annexe, les sanitaires disposent d’eau chaude. Les boissons, bières, jus de fruits et eau minérale sont à portée de main dans un grand réfrigérateur dans l’entrée de la réception, il faut juste noter nos sorties sur une feuille collée sur la porte du frigo et  payer tous les lundis en même temps que le camping et les machines à laver si nous avons donné du linge sale à laver à Rose ou à Célina. Nous pouvons, si nous le désirons commander des petits déjeuner, des déjeuner ou des diners et un vendredi soir sur deux, c’est Barbecue –Party !

 

Mardi se passe sans nouvelles des uns ou des autres si ce n’est que le deuxième  expert est bien passé et qu’il a trouvé en plus que le châssis est un peu tordu.

Mercredi matin, l’expert nous appelle, via Chris, pour demander la valeur de Bagheera, le premier ne s’en était même pas inquiété.

Enfin, mercredi soir, 31 décembre juste avant le barbecue réveillon au camping, Chris nous informe que David (le type qui s’occupe de notre dossier chez « AA ») lui a téléphoné pour dire que l’assurance avait enfin donné son accord pour la réparation. C’est une bonne nouvelle qui nous remonte le moral.

IVECO étant de nouveau fermé pour la saint Sylvestre et le pont du nouvel an, nous n’aurons d’autre nouvelles  que le lundi 5 janvier. Le temps d’avoir les pièces, et de fabriquer ce qui n’est pas d’origine, de remonter le tout, nous sommes sûrement bloqués à Nairobi jusqu'à fin janvier (voire plus) mais le plus important pour nous, est que Bagheera puisse de nouveau rouler et qu’il nous permette de reprendre nos aventures en Afrique (quoique celle-ci on s’en serait bien passé !)

 

Tout comme la semaine passée pour Noël, Chris organise un barbecue pour la St Sylvestre. Beaucoup de voyageurs ont décidés de quitter Nairobi pour aller à la côte fêter la nouvelle année. Nous nous retrouvons à cinq seulement autour de la table préparée avec soin par Diana et Melissa, la femme et la jeune belle sœur de Chris qui lui, est toujours de corvée pour griller la viande. Nos compagnons de soirée sont deux jeunes motards autrichiens et Charles, un états-unien qui voyage à moto lui aussi. Nous passons encore une soirée sous le signe du calme et au son de l’anglais. Nous sommes au lit bien avant le passage en 2009 !

 

Nous n’avons pas de résolutions pour cette nouvelle année qui commence mais plutôt le souhait de voir rapidement notre Bagheera sur ses quatre roues.

 

En attendant, nous prenons notre mal en patience et commençons à chercher des occupations.

 

 

Bisousdenousavous, Eve, Marc et Ulysse.

           

 



25/02/2009
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