Bagheerafrica

Chapa n° 5 Le Malawi

Le Chapa N° 05. (Malawi)

 

 

 

Lundi 24 novembre : 8 heures 15, nous sommes au poste frontière de Mandimba (Mozambique). Nous avons été très fortement sollicité par des « agents de change à la sauvette » lors de notre arrêt à la station service et nous les retrouvons à la frontière toujours brandissant de grosses liasses de kwachas, la monnaie du Malawi. Nous voulons garder nos meticals pour notre retour au Mozambique l’année prochaine et préférons changer nos dollars US du côté Malawi.

L’immigration et la douane sont réunies dans le même petit local sombre, il n’y a que quelques personnes devant nous et pas de file d’attente. Les passeports sont rapidement tamponnés, par contre le douanier est plutôt perplexe devant le Carnet De Passage en Douane. Marc lui indique où et quoi remplir, où tamponner et signer et quel feuillet garder.

Le temps de passer le No Man’s Land (qui veut dire : terre d’aucun homme) mais où il y a de nombreuses habitations et habitants dont on ne sait exactement quel est leur pays, Mozambique ? Malawi ? Nous atteignons Chipondé (ville frontière du Malawi)

Le moteur de Bagheera n’est pas encore arrêté que nous sommes encerclés par des vendeurs de pain, de beignets, par des laveurs de voitures et bien sur des incontournables changeurs de monnaie. Nous les écartons tous, préférant tout d’abord effectuer les formalités administratives qui sont vite expédiées et gratuites car pas besoin de visa au Malawi.

Les différents bureaux pour les assurances sont tous regroupés, personne ne nous saute dessus, nous entrons donc dans le premier où une jeune fille attend les clients bien sagement assise derrière son bureau et son ordinateur tout en lisant le journal. Nous assurons Bagheera pour un mois et c’est là que les agents de change se frottent les mains et agitent frénétiquement sous nos yeux les tas de billets car nous ne pouvons pas payer en dollars US, il nous faut 5000 Kwachas, la monnaie du pays. C’est à celui qui crie le plus fort et qui nous fera le meilleurs taux de change, mais finalement, ils se valent tous. La transaction finie et le dollar vendu à 146 kwachas, le portefeuille de Marc se retrouve gonflé comme l’estomac d’Ulysse après une grande fête au moulin Piard. Les barrières s’ouvrent, non sans que le militaire en faction ne jette un dernier coup d’œil  sur nos passeports et vérifie que la vignette de l’assurance est bien collée sur notre pare-brise.

 

Nous prenons la petite route goudronnée vers Njala (enfin de l’asphalte) puis la nationale (un peu moins en bon état) vers Liwondé, Zomba et Blantyre. Cela nous fait tout drôle de retrouver autant de circulation mais cela n’empêchent pas les cortèges des piétons sur les bas côtés. Nous traversons de vastes plaines cultivées, où hommes, femmes et enfants s’échinent à biner et à ensemencer une terre rouge bien grasse. Tout comme au Mozambique la saison des mangues bat son plein et de nombreux vendeurs sont installés sur le bord de la route. Les maisonnettes sont pratiquement toutes construites en briquette de terre mais les toits sont toujours de paille ou de tôle. Les premières images du Malawi ne diffèrent en rien aux dernières images du Mozambique si ce n’est la multitude d’églises différentes. Il y en a pour tous les gouts, les catholiques, les adventistes, les baptistes, les luthériens, les témoins de Jehova, les musulmans……il y a également davantage de petites boutiques et petits commerces (de proximités) aux devantures peintes de publicités pour le lait, le coca ou le thé.

 

 

Bobos de Bagheera : Nous arrivons à Blantyre, la ville s’étale devant nous sur plusieurs collines, nous recherchons tout de suite la zone de Chichiri et l’enseigne IVECO. C’est facile, c’est tout droit et le long d’une super belle avenue (quand elle sera terminée) en arrivant dans la ville. Chez IVECO, nous entrons directement dans la cour des ateliers et munis de la page de la notice technique montrant le schéma du système de direction, nous essayons dans notre modeste et pauvre anglais d’expliquer le problème de jeu dans la rotule avant gauche. Un ouvrier nous amène dans les bureaux où avec le numéro de châssis de notre véhicule, ils peuvent vérifier rapidement sur informatique s’ils ont les pièces de rechange en stock, et bien sur, ils n’en ont pas. Un peu dépité et ne sachant pas comment nous allons faire pour résoudre ce problème qui devient dangereux pour notre sécurité, nous regagnons l’atelier. Le responsable fini par écouter Marc un peu plus attentivement et fait soulever Bagheera pour examiner la mécanique de plus près. Nous signons une feuille de prise en charge, un ouvrier amène un « big » cric, voilà notre camion ses deux roues avant en l’air et le chef de s’écrier : hou !! DANGER ! Il ne s’occupe pas de l’informatique, il fait démonter la rotule endommagée pour voir s’il y a une pièce équivalente en magasin. Eh oui, aujourd’hui la chance est avec nous, en moins de trois heures, ils remplacent la rotule défectueuse et comme ils en avaient plusieurs, ils changent  la seconde. Marc récupère la vieille en cas que ! Nous pouvons maintenant repartir sur les routes du Malawi avec l’esprit plus tranquille.

Le « Managing Director », du nom de Harris Sidik souhaite que nous envoyions un mail à la société mère basée en Afrique du Sud pour vanter les mérites des ouvriers du garage IVECO au Malawi ! Ah ben oui mais il faudrait le faire aussi pour le garage de Dakar au Sénégal, celui de Walvis Bay en Namibie et pourquoi pas celui de Saumur en France .

Le chef nous conseille tout de même de faire contrôler le parallélisme. Dans le premier garage où nous pointons le bout de calandre de Bagheera, ce n’est qu’un garage pour voiture et le camion ne peut entrer dans l’installation, le second assez haut n’a pas l’empattement voulu pour entrer sur les rails de l’appareil ! Nous abandonnons l’histoire du contrôle du parallélisme.

 

Campings : le Malawi est pour nous le pays où nous ne bivouaquons que pour le pique-nique du midi.

A Blantyre, c’est un des ouvriers du garage IVECO qui nous mène au Doogles Lodge situé en pleine ville et près de la station de bus. Nous y sommes sur le parking car il n’y a aucun moyen d’accès sur la pelouse du petit camping, nous sommes à proximité de la cuisine en plein air avec éviers et un immense barbecue. Le soir, ce lieu est assez bruyant car c’est le point de rassemblement de beaucoup de backpackers (routards de toutes nationalités), de blancs expatriés mais aussi d’une clientèle locale jeune et paraissant aisée. Nous y faisons la connaissance de Jean-Philippe, jeune baroudeur français qui sillonne l’Afrique à bord d’un land Rover très bien équipé.

 

Puis nos roues nous mènent jusqu’au Camping Fat Monkey au cap Mac Clear sur les berges du lac Malawi. Après avoir galérés sur une piste seulement longue de 17 kilomètres où nous nous trainons comme un gros escargot poussif, nous arrivons devant les premières maisonnettes du village. Les enfants accourent au devant de nous et au seul nom de Fat Monkey, ils n’hésitent pas à courir à nos côté pour nous monter le chemin. Ils vont presque plus vite que Bagheera qui évite au mieux les trous, les basses branches des arbres et les tas d’ordures. Nous nous installons à l’ombre des majestueux manguiers du camping et à quelques mètres seulement de la plage qui sous un soleil torride ne nous permet pas de faire de bronzette tellement il fait chaud. L’eau douce du lac, est la bien venue mais parfois ses abords prennent des allures de déchetteries où il ne fait pas bon stagner même pour seulement se rafraichir. Les plages devant les hôtels et les campings sont nettoyées tous les matins, il ne traine pas un papier gras, les locaux ne viennent jamais y faire leur lessive ni se laver tandis que l’eau du lac charrie  ses déchets comme elle le veut.

Malgré ce petit inconvénient d’une eau pas toujours très claire, nous nous trouvons tellement bien que nous y restons trois jours, nous avons de quoi survivre en nourriture et en boisson, nous avons un branchement électrique à notre disposition et des mangues à gogo, il nous suffit de nous baisser pour les ramasser avant que le personnel du camping ne les prennent quand ils ne les gaulent pas. Nous en faisons une belle provision et même si le jus me coule entre les doigts et que les fibres se nichent entre mes dents j’en suis toujours autant friande, Marc, lui est toujours amateur de ses bananes. Il n’y a que le pain (nous ne trouvons toujours que du pain de mie ou brioché) qui nous fait défaut. Nous en achetons sans trop de difficultés dans une des minuscules échoppes du village où à part du riz, de l’huile, des pâtes, des biscuits, du lait, quelques jus de fruits, des produits d’hygiène et de toilette, il n’y a pas grand chose d’autre. Derrière des étals brinquebalants de fortune, les villageois vendent des tomates, des oignons, des frites bien grasses et des minuscules poissons séchés. Dans le village, les adultes semblent presque ignorer notre présence, chacun vaque à ses occupations. Seuls les petits enfants et quelques ados nous collent aux basques gentiment osant du bout des lèvres, nous demander des crayons pour aller à l’école où des bonbons. A notre refus, ils n’insistent  pas et tournent les talons.

Nous décidons lors de cette brève  halte touristique d’allier « le  plaisir et le sport » en louant un kayac biplace pendant une matinée. Le but du jeu est de rallier l’île de Thumbi Island qui est à environ trois quart d’heure de rame  pour nous qui sommes des novices en la matière. Nous nous en sortons pas trop mal sur ce genre d’engin aquatique mais  nous avons pour nous tous les éléments naturels réunis, beau temps, pas de courant, pas de vent et pas de vagues. Nous arrivons sur la toute petite plage de Thumbi Island où deux gros varans se prélassent au soleil. Nous nous équipons PMT (nos propres Palmes, Masques et Tubas que nous avons ramené par avion de notre dernier séjour en France) et nous partons à la découverte des fonds marins lacustres. A part quelques bandes des poissons aux tons bleus et mauves (fluo) la faune n’a rien d’exceptionnelle et ne parlons pas de la flore qui est quasi inexistante, la couleur des fonds varie du gris sale au beige fadasse et du marron clair et troublé au brun verdâtre brouillé. Nous abandonnons l’activité nage pour nous refaire les muscles des bras dans notre kayac Nous croisons dans le silence du lac paisible beaucoup de pêcheurs qui de leur étroites pirogues remontent leurs filets où pêchent à la ligne avec seulement du fil est un hameçon. Nous faisons tranquillement le tour de l’île en une heure et demie mais nous sommes plutôt du style cool pépère et mémère que compète !

Ulysse se complait également au repos du camping, quand il n’est pas dans l’eau pour se rafraichir et se dégourdir les pattes il est couché à l’ombre des manguiers où sous le camion.

 

A plus de 200 kilomètres au nord, Senga bay est également un haut lieu touristique à voir en bord de route le nombre important de pancartes publicitaires pour des Lodges et des campings. Nous jetons notre dévolu pour le camping « Livingstonia » tout au bout de la pointe. D’après ce que nous apercevons au dessus du lourd portail d’entrée, la plage est toute proche mais les prix sont dissuasifs : 1000 kwachas par personne (soit 6 € x 2 = 12 € la nuit !) Nous inventons un prétexte pour ne pas entrer tout de suite et repartons à la recherche d’un autre camping. Nous arrivons finalement devant le portail du « Cool Rainning » la propriétaire qui sort de la propriété juste à ce moment nous fait signe d’entrer, mais nous venons de lire « NO DOGS » sur le portail ! La femme qui a des allures de sud-africaine ne prend pas comme la « folle Brenda de Pemba au Mozambique » un air offusqué à la vue d’Ulysse qui se précipite vaillamment à la fenêtre avant de Bagheera. Tout en le flattant, elle se montre désolée de ne pas pouvoir nous laisser entrer mais son chien semble ne pas avoir bon caractère avec les autres chiens et comme le notre n’est pas fin non plus cela risque de faire des étincelles. Elle nous indique par contre un autre camping, un autre business à elle, à quelques kilomètres mais qui possède un petit inconvénient, c’est qu’il ne donne pas directement sur la plage. Nous nous y rendons par une piste sableuse bordée du côté mer par de belles propriétés, hôtels et cottages aux pelouses verdoyantes et jardins ombragés et de l’autre côté par des maisonnettes et échoppes modestes.

 C’est Joseph qui nous ouvre les portes de Tom’s Camp. Il n’y a personne dans cet immense camping ceint d’un haut mur de briques surmonté de tessons de verres et planté d’eucalyptus et de manguiers. Pour la place nous n’avons que l’embarras du choix. Le prix est dérisoire, 200 Kwachas par personne avec sanitaires et douches chaudes, grands bacs pour faire la lessive, barbecue à disposition, électricité et un bar pour renouveler notre stock de « Kuche – Kuche » la bière du Malawi et Ulysse peut gambader à loisir. Effectivement, nous n’avons pas accès directement à la plage mais elle n’est pas inaccessible pour autant, il nous suffit de traverser la piste et (en toute légalité) le jardin d’une propriété privée pour nous retrouver sur le sable blanc et dans l’eau hyper chaude du lac. Il faut aller très loin pour avoir de l’eau jusqu’à la taille, nous préférons rester à demi allongé à cinq mètres du sable où l’eau douce frise les 34°. Le sable sec est tellement chaud qu’Ulysse est obligé de sautiller pour ne pas se brûler ses coussinets et son arrivée sur la plage suscite toujours autant de méfiance de la part des autochtones qui nous laissent toute la place que nous désirons.

Planqué derrière ses hauts murs, le camping ne bénéficie pas des petits vents rafraichissants du large (du lac) il fait très lourd dans le camion même sans faire de cuisine. Pour les  nuits, nous pouvons, puisque le camping est gardé, laisser la porte arrière ouverte mais avec la moustiquaire et les chaises en rempart si jamais il vient à l’idée à notre cher compagnon de route de tenter une escapade nocturne. Notre petit séjour chez Tom’s dure également trois nuits.

 

Le mardi 2 décembre, le vent souffle sur les cimes graciles des eucalyptus, à 7 heures 30, nous quittons Joseph et rendons au camping sa solitude pour nous retrouver en milieu d’après midi au « London Lodge » à Chintheche. Nous y sommes accueillis à bras ouvert par tout le personnel, ce n’est pas étonnant nous sommes les seuls clients ! Le terreplein du camping n’est pas accessible en voiture et nous restons sur le parking au près des jolis et spacieux Lodges et du bar où encore une fois nous échangeons nos « Kuche – Kuche » vides par des pleines et fraiches. Les sanitaires sont très rudimentaires, il n’y a pas d’eau chaude mais Johanna en hôtesse attentionnée nous apporte PQ et petite savonnette. La plage est propre malgré les rendez-vous coutumiers des laveuses de linges et de gamelles de cuisine, des pêcheurs et tous ceux qui viennent faire leur  toilette à grand renfort de mousse. Les pirogues et les filets roses attendent leurs propriétaires et l’heure propice pour aller en pêche sur le lac calme.

 

Notre prochaine étape est Nkata Bay qui n’est qu’à 40 kilomètres. Un petit chemin étroit moyennement carrossable nous mène devant le grand portail en bambou du « Big Blue » et son parking. Nous réussissons à nous faufiler sous les branches des flamboyants en fleur pour nous installer à quelques mètres de la minuscule plage. Il y a davantage d’installations pour les routards, bungalows bariolés aux couleurs africaines et montés sur pilotis, qu’il n’y a d’emplacement pour les véhicules de voyage, trois chariotes comme Bagheera et c’est plein. Ulysse se frite avec un vieux chien mâle tout miteux qui semble avoir pour domicile la terrasse du bungalow le plus proche de nous, après la bagarre et le match nul, le chien du pays se fait chasser à coup de balai et de pierre par les femmes de ménage et le notre se retrouve à l’attache. La couleur de l’eau n’est pas très engageante à la baignade et pour faire quelques brasses il vaut mieux éviter de passer par la plage mais passer plutôt sur des cailloux jusqu’à atteindre des eaux plus profondes et plus claires. Sur la plage voisine, c’est à longueur de journée les mêmes scènes du bord du lac, lessive, vaisselle, toilette, quelques enfants (toujours des garçons) s’ébattent souvent tout nus dans l’eau tiède, plus loin un homme creuse une pirogue dans un gros tronc d’arbre. Le temps est clair, de l’autre côté de la rive un long et haut massif montagneux nous fait face, est-ce encore le Mozambique ou est-ce déjà la Tanzanie ?

 

Après nous être encore reposé deux jours ! (c’est fou ce que le Malawi nous fatigue) notre route nous mène à Livingstonia en montagne, nous sommes maintenant accompagnés par Taïre et Dany, deux jeunes routard allemands (voire la rubrique Rencontres)

Nous quittons le goudron pour la longue, sinueuse et vertigineuse piste qui mène à Livingstonia et qui fait encore énormément souffrir Bagheera, nous passons de 500 mètres d’altitude (niveau du lac) à 1300 mètres sur seulement une quinzaine de kilomètres tout en virages en épingle à cheveux et piste caillouteuse avec heureusement quelques portions bétonnées. Il n’y a pas grande circulation pour aller au village et de nombreuses personnes attendent sous le soleil ardent qu’un véhicule fasse office de taxi. Nous embarquons avant la montée difficile, un routard italien et son gros sac à dos, une grand-mère autochtone et son petit fils lourdement chargés eux aussi. Ulysse qui ne trouve plus de place pour se coucher regarde tout ce petit monde se tasser à l’arrière, Bagheera est full !

Livingstonia doit son nom au découvreur du lac Malawi en 1859, David Livingstone explorateur britannique et missionnaire protestant. C’est un drôle de village qui ressemble à un vaste campus universitaire au milieu d’un immense parc verdoyant. Outre les nombreuses universités et écoles, l’ancienne mission fondée par des missionnaires écossais en 1894 possède un grand hôpital, une belle église d’où on peut apercevoir du haut du clocher le lac Malawi et les montagnes tanzaniennes, quelques boutiques et des maisonnettes cachées dans la végétation. Un petit musée installé dans la « Stone House » expose grand nombre de photos souvenirs et objets des premiers missionnaires.

Si nous étions seuls nos aurions pus trouvé un coin pour bivouaquer mais voilà, nos deux compagnons n’ont pas de toile de tente et nous devons trouver un camping. Nous arrivons au « Mush Room » par une piste étroite s’enfonçant à travers une savane broussailleuse ; Bagheera stoppe sa course sur le parking qui domine le camping, nous ne pouvons pas aller plus loin, il faut faire le reste du chemin à pied. Nous retrouvons avec étonnement Jean-Philippe (rencontré à Blantyre) qui est occupé avec une jeune fille à la fabrication d’un pain artisanal. Le site est spectaculaire, les bungalows et les emplacements pour les toiles de tentes donnent directement au bord du précipice et bénéficient d’une vue splendide sur la forêt et les plaines jusqu’au lac.

Les prix pour le camping sont assez élevés, nos deux routards qui ont un budget mensuel assez serré consentent à louer une toile de tente pour passer la nuit. De toute façon, l’autre camping où nous avons tenté notre chance était plus cher, il n’y a rien d’autre dans la montagne et il est trop tard pour redescendre au niveau du lac.

Quant à nous après être allés diner au resto du camping sous une paillote éclairée par seulement deux lampes tempête et au milieu d’une bande de routards de chez routards de différentes nationalités (anglais, allemands, australiens) et après avoir consommés seulement une petite bière chacun car le coût de la boisson est exorbitant, nous bivouaquons sur le parking au milieu de la forêt dans un calme apaisant. Le prix du repas est trop élevé pour Taïre et Dany, je leur donne les deux morceaux de poulet rôti froid restants du  pique-nique du midi.

La surprise arrive le lendemain matin lorsqu’au moment de régler nos repas, le propriétaire nous fait payer également la nuit au bivouac sur son parking ! (nous avions mal compris les transactions qu’avait soi-disant mené Jean-Philippe) nous pensions que la nuitée serait gratuite et c’est pour cela que nous avions décidés de manger au resto : du coup la note est salée, cela nous apprendra à prendre les services d’un interprète et de ne pas nous débrouiller nous même.

Mais avant de redescendre de la montagne, nous nous lançons tous les cinq dans une grande et folle aventure à la découverte de cascades. Il n’y a aucun panneau, les informations de cette balade se transmettent de voyageurs à voyageurs, où bien les enfants du pays se proposent de vous y conduire. Nous garons Bagheera au premier embranchement de la piste qui conduit aux chutes car à la vue un peu délabrée du petit pont de bois qui pourrait nous permettre d’avancer de quelques centaines de mètres supplémentaires sur la piste, nous stoppons net !

La descente vers les chutes se révèle rapidement digne d’un épisode « d’Indiana Jones », il ne manque que la musique et les effets spéciaux, nous ne jouons pas les figurants mais les acteurs principaux. Nous nous frayons un passage entre les branches et les lianes de la forêt touffue. Puis après être passés derrière le rideau de pluie de la première cascade, nous longeons la falaise empruntant un semblant de chemin obstrué par endroit de gros rochers glissants où de passes étroites entre des gros cailloux qu’Ulysse ne peut escalader si nous ne l’aidons pas. Il faut le pousser, le hisser, Marc par deux fois est obligé de le porter dans ses bras. Mais c’est qu’il est lourd le bougre et le maintenir  alors que ses quatre pattes s’agitent frénétiquement  dans l’air est une vraie performance pour son maitre qui doit garder lui aussi son équilibre. Nous arrivons tous finalement « sains et saufs » au pied de la seconde et la plus haute cascade dont les embruns nous procurent un peu de fraicheur. Clic-Clac photos, il faut rebrousser chemin et ré-affronter les pièges de la montagne africaine. Ne sachant pas les « difficultés » qui nous attendaient au cours de cette promenade de santé, je suis partie en tongs. Drôle d’idée, il m’a fallu à plusieurs fois franchir les obstacles pieds nus pour éviter de glisser, on est aventurière ou on ne l’est pas. Fin du film !

 

Karonga est notre dernière ville étape au Malawi. Nous trouvons pour nous héberger un grand camping (dont on ne se souvient plus du nom)  avec au delà de son mur d’enceinte vue sur le lac et sa plage, mais nous n’avons plus envie de nous baigner. Nous sommes les seuls campeurs, quelques rares personnes occupent deux ou trois chambres. Le prix pour le camping est raisonnable mais il s’avère qu’il n’y a pas d’eau dans les sanitaires, que les chiottes sont sales et que pour prendre une douche, il faut implorer pour avoir une bassine remplie d’eau. Taïre et Dany que le prix des chambres a  fait fuir s’en sont allés dormir dans une des « Guest House » de la ville qu’ils connaissent déjà. Nous retournons les chercher le lendemain matin pour passer la frontière de Tanzanie.

 

 

Météo : le Malawi nous accueille dans ses premiers jours sous un ciel souvent gris et chargé de pluie qui ne dure jamais bien longtemps. Les orages toujours présents restent concentrés sur les montagnes, les gros nuages noirs et inquiétants se désagrègent la plupart du temps en arrivant au dessus du lac pour laisser la place au soleil de plus en plus radieux.

C’est dans l’enceinte du camping Tom’s que le thermomètre atteint son maximum en plein zénith. Il fait 55° en plein soleil et 35° à l’ombre dans le camion. Sur la plage, il n’est pas possible de faire bronzette, nous recherchons une fois sortis de l’eau (chaude) l’ombre bienfaisante des arbres.

Mais si parfois l’orage gronde pendant la nuit et qu’il pleut, l’atmosphère se rafraichie bien vite. La température peut alors descendre aux alentours de 22° et nos premières paroles du matin  sont souvent : BRR ! Il fait un peu frisquet !

 

 

Rencontres : maintenant que nous fréquentons de plus en plus de campings, nous sommes amenés à rencontrer d’autres voyageurs et échanger quelques infos. Au « Fat Monkey » nous avons la surprise de voir arriver un couple de tout jeunes Sud-africains en vélo, puis le lendemain c’est un jeune slovène qui débarquent avec son vélocipède et une petite remorque et un dynamisme incroyable.

Au « Big Blue » quelques jeunes filles anglaises et un groupe de trois japonais sillonnent les routes du Malawi à pied. Un couple d’anglais (enfin des voyageurs un peu plus âgés que nous) qui a fait transporter leur Land Rover Defender d’Angleterre en Afrique du sud rayonne pour quelques mois en Namibie, Malawi et Zambie. Et puis il y a ce jeune couple d’allemand, Taïre et Dany.

Leur bungalow étant juste à côté de Bagheera, nous les croisons de temps en temps pendant notre bref séjour au « BB » Dany est irrésistiblement attiré par Ulysse et lui prodigue à chacun de ses passages des caresses à n’en plus finir. Chez lui en Allemagne, il a un chien en tout point similaire au notre, couleur, taille, même museau et même bandana ! Il n’y a que les âges qui diffèrent, le sien étant beaucoup plus vieux.

Un matin, ils nous disent au revoir mais nous sommes étonnés de les retrouver le soir même au camping. Ils ont voulu prendre un bateau à N’Kata Bay pour traverser le lac et rejoindre ainsi la Tanzanie. Mais les difficultés qu’ils ont rencontrées les ont obligés à abandonner leur projet. Ils songent donc maintenant à rallier Dar Es Salam (Tanzanie) par la route et cherche un transport en commun. Comme nous montons nous aussi vers le nord du pays je leur propose de nous accompagner au moins jusqu’à Livingstonia. Ils ne se font pas prier et ils embarquent avec leurs deux gros sacs à dos de voyage (plus de 16 kilos chacun) que nous stockons dans le coin toilette au grand désespoir d’Ulysse qui ne peut plus s’y reposer.

Taïre (prénom hébreu) et Dany sont pratiquement au début d’un voyage qui doit durer presque une année et qui doit les mener dans les prochaines semaines en Asie puis en Inde. Après avoir barouder en Ethiopie, ils étaient venus au Malawi pour « échapper » aux tanzaniens qu’ils jugeaient à la limite de l’antipathie (trop collants et toujours à réclamer de l’argent) Taïre (20 ans) parle bien le français, son compagnon (25 ans) le comprend un peu mais ne le parle pas. Nous jonglons donc entre deux langues, le français et l’anglais car pour nous l’allemand ce n’est pas la peine.

Au lendemain de notre première escale à Livingstonia, Taïr nous demande si nous acceptons qu’ils continuent leur route en notre compagnie. Nous ne refusons pas et voyons bien que si cela continue, ils resteront avec nous jusqu’à Dar Es Salam où nous pensons n’arriver que dans cinq ou six jours. Leur compagnie est agréable, ils sont d’un naturel très calme et pendant les longs kilomètres que nous faisons entre nos escales, ils sont souvent pris d’un profond sommeil. Malgré les secousses et l’espace restreint qu’ils ont pour se détendre, ils s’endorment de longues heures sur les banquettes dans des positions très inconfortables. Il y a même une fois où nous avons surpris Ulysse somnolent confortablement près de Dany sur le siège !

Ils se font très bien à notre rythme de voyage, à nos salades de pique-nique du midi, à nos pauses bières et à l’allure tranquille de Bagheera sur les routes.

 

Dimanche 7 décembre, nous passons les frontières du Malawi et de la Tanzanie.

 

 

Rendez vous pour un autre pays, bisousdenousàvous, Eve, Marc et Ulysse.

       

 



25/02/2009
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