Bagheerafrica

Chapa n°1 Le Mozambique

Le Chapa N° 01 (Mozambique)

 

 

 

Après la Gazelle Africaine, le Baobab, voici le Chapa. C’est le nom donné à tous les minibus de transport en commun souvent surchargés qui fourmillent au Mozambique comme partout en Afrique. Ils sont normalement rapides mais les arrêts fréquents peuvent rallonger considérablement le voyage. Le Chapa et Bagheera vont guideront pendant plusieurs mois tout au long de notre périple à travers l’Afrique Australe.

Alors que l’aventure recommence !

  

Ulysse et moi, sommes les premiers à fouler de nouveau le sol africain. Pour des raisons budgétaires, Marc voyage avec les Flyes Emirats (c’est moins cher mais c’est plus long) Paris-Dubaï-Johannesburg-Maputo, tandis que la maitresse et son chien ont fait le trajet, Paris-Lisbonne-Maputo. Transiter par l’Afrique du sud avec un chien est un vrai casse tête, finalement c’est en passant par le Portugal que les formalités sont moins contraignantes. Le Mozambique étant une ancienne colonie portugaise, il y a de nombreuses liaisons directes entre les deux pays.

Pour ne pas avoir à subir les mêmes problèmes que ceux rencontrés à Lisbonne au mois de mai en allant en France, Ulysse a cette fois, tous les papiers réglementaires et obligatoires. Pour résumer, le premier mai à son arrivée à Lisbonne il lui manquait le test de sérologie de son vaccin antirabique et le vétérinaire qui contrôlait son entrée sur le territoire européen voulait le faire repartir vers Maputo ! Tout s’est finalement bien terminé avec la compréhension du véto, la gentillesse d’un agent féminin de la TAP et quelques euros, pour refaire les papiers de fret, car Ulysse voyage avec les colis et non les bagages, dans sa grande cage acheté pour la circonstance à l’agence de la TAP à Maputo.

Bref, pour le retour en Afrique, tous les papiers du chien ont bien été enregistrés à la société ATI d’Orly qui gère le fret avec la TAP et Ulysse est arrivé à bon port même si il n’a pas fait la première partie du voyage dans le même avion que moi.

 

Il fait très chaud en ce second jour d’octobre, il me faut une heure pour obtenir mon visa à l’aéroport et plus de deux heures pour récupérer le chien dans les hangars du fret.

Fred est venu chercher sa grande sœur à l’arrivée de l’avion et il est d’une grand aide, car il parle couramment le portugais. Nous sommes baladés de bureaux en bureaux, de guichets en guichets. Je dois faire un courrier manuscrit en portugais, dater et signer une montagne de paperasses et payer, toujours payer. Le bilan financier pour le voyage du chien s’élève à 500 euros pour le transfert de Maputo à Paris et de 1500 euros de Paris à Maputo, plus140€ pour la cage, cher chien !

Le temps dure, Ulysse est encore un peu dans le cirage à cause des comprimés que je lui ais fait avaler à son départ de France et il a très chaud. Je ne peux pas le faire sortir de sa cage tant que les papiers ne sont pas réglés, mais je réussis à lui donner à boire dans un pochon en plastique et finalement un agent du fret m’autorise à l’emmener dehors pour qu’il puisse se soulager et se dégourdir les pattes.

 

Maintenant que tout est rentré dans l’ordre je n’ai qu’une envie, c’est de déguster une 3M ou une Laurentina (bière locale) bien fraiche chez mon frère où je retrouve avec plaisir ma belle sœur Maria Cécilia dit Cély, mon neveu Dzongwane et ma nièce Nwéty qui veut dire Lune. Ulysse retrouve sa terrasse et son grenier pour dormir, Dona Sofia, la bonne et la nounou va avoir de nouveau peur du « terrible » chien noir.

 

Marc arrive le lendemain soir, nous partons avec Fred et Nwety le chercher à l’aéroport. Comme un fait exprès la température a chuté d’environ 10°, il fait quand même plus de 20°. Il met nettement moins de temps que moi pour avoir son visa, il faut dire que dans le petit avion de la LAM qu’il a prit de Jobourg (raccourci pour dire Johannesburg) à Maputo il n’y a pas tellement de touristes.

 

Bagheera est à la même place qu’à notre départ au mois de mai. Il n’y a plus de batterie depuis longtemps et Marc est obligé de le mettre en charge plus d’une nuit sur l’électricité de l’école privée où il est resté garé sur le parking depuis six mois sous bonne garde des différents gardiens. L’extérieur est très sale, l’intérieur un peu poussiéreux, il va falloir tout réinstaller dans les placards.

Nous nous donnons environ une quinzaine de jours pour tout remettre en ordre. Marc a un peu plus de boulot que moi qui profite de mon temps assez libre pour me remettre à jour dans mes baobabs qui ne sont pas terminés (grâce à Dona Sofia, j’ai très peu de tâches ménagères à faire)

Le plus urgent pour Marc est de remettre en service (pour la énième, énième fois) la direction assistée. Il faut aussi faire réchapper un second pneu et retourner chez le garagiste pour changer un cylindre bloc, faire de la résine sur le toit car une petite escapade en famille au bord de la mer nous a valu, en passant sous un arbre un peu bas de désolidariser la galerie. Du coup, Marc en profite pour faire mettre de la résine sur la portière avant gauche qui se troue à plusieurs endroits. Il bricole un nouveau ventilateur avec des pièces détachées que nous avons à bord, il répare les stores qui sont en mauvais état et nous installons une nouvelle moustiquaire (orange) sur la grande vitre de gauche.

 

Dans la cour de l’école, Ulysse est de nouveau la coqueluche des gamins qui ne se lassent pas de vouloir s’amuser avec lui sauf quand ils jouent au foot et que notre chien leur chipe leur ballon en cuir pour le déchiqueter. L’inconvénient d’être en appartement c’est d’être obligé de sortir le cabot plusieurs fois par jour pour lui faire faire ses besoins. Le matin, pendant que Marc prépare le petit déjeuner c’est moi qui le sors et lui fait faire son premier caca que je ramasse et que je mets de suite dans les grandes bennes poubelles qui restent à demeure dans la rue, le dernier petit pipi de la journée est pour Marc. Ulysse est très souvent craint par les africains et il n’est pas rare qu’à notre approche les gens change de trottoir !

 

Nous mettons à profit les weekends pour sortir en famille. Nous allons entre autre à Tchumène (à une vingtaine de kilomètres de Maputo en allant vers l’Afrique du Sud) pour nous rendre compte de l’avancement des travaux de la future résidence secondaire de Fred et Cely. La future maison est dans le même état qu’il y a six mois, il n’y a que les murs mais la paillote cuisine est commencée. En tant que tonton et tatyne de dzo et nwéty, nous sommes avec leurs parents, conviés à une soirée de parents d’élèves à l’Ecole Française de Maputo. Nous sommes de notre côté, Marc et moi invités à déjeuner chez, Maria Luisa Natividade, une charmante vieille dame mozambicaine d’origine portugaise qui était ma voisine de siège dans l’avion de Lisbonne-Maputo.   

 

Nous avons quelques petits soucis avec nos recharges  de Camping Gaz que nous ne trouvons plus, ni ne pouvons faire recharger depuis la République Démocratique du Congo. Finalement nous optons pour l’achat d’une bouteille de gaz locale et d’un feu amovible, employée pour le camping. Nous trouvons où la faire recharger et Marc bricole un raccord pour remplir autant que possible nos anciennes bouteilles avec le nouveau gaz.

 

Ce n’est que le mercredi 22 octobre que nous sommes enfin parés du coté bricolage, réaménagement et réapprovisionnement. A Maputo, pour nous, qui avons les moyens financiers, il n’y a aucun problème pour faire notre ravitaillement dans les abondants supermarchés qui ont vus le jour ces dernières années et qui sont très bien achalandés, par contre certains produits importés sont chers. Cela n’empêche pas les nombreuses petites boutiques installées dans des containers aux couleurs de Coca-Cola de rester établies à demeure sur les trottoirs de la ville. De nombreuses femmes passent leur journée assises devant leurs petits étals de fruits, de légumes, de bonbons et autres friandises, des jeunes garçons déambulent sur les boulevards pour vendre balais, chaussures, lunettes de soleil, sous-vêtements féminins, chinelles (tongues), parfums, chargeurs de téléphones, etc. etc.

Si la capitale du Mozambique est en plein essor, il ne faut pas oublier que 70%  des habitants vivent au dessous du seuil de pauvreté, dont 80% en zone rurale, que l’espérance de vie est de moins de 50 ans, que près de 40% des hommes et environ 70% des femmes sont encore analphabètes.

 

Le départ pour le nord du Mozambique est prévu pour jeudi matin à la première heure. Nous devons profiter de la fraicheur relative des matinées pour faire de la route, car dans la journée le thermomètre frise les 40°. C’est le début de la saison des pluies, l’air ambiant est très humide mais pour le moment les averses ne sont que très rares.

 

Allez, abandonnez pantalons et pulls, endossez shorts et tee-shirts légers, les nanas n’oubliez pas de porter la capulana (pagne aux multiples motifs, tous plus beaux les uns que les autres) sortez les crèmes solaires et les sprays anti moustiques, n’oubliez pas vos passeports ! Embarquez avec nous à la découverte de l’Afrique.

 

 

Bisousdenousàvous, Eve, Marc et Ulysse.

 

  

 

 



23/10/2008
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