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Baobab n°22 Le Gabon 2/3

Le Baobab N° 22 (Gabon)

 

 

            Lundi 10 décembre, nous quittons La Marée à 8 heures et nous nous rendons sans tarder, (c'est vite dit car la piste du Cap Estérias à Libreville ne permet toujours pas des excès de vitesse), au Consulat de France où nous avons à faire à la très gentille madame Chini. Après avoir rassemblé toutes les pièces nécessaires à la prorogation de nos passeports, elle nous averti qu'il nous faudra être patients pendant 18 jours, car la valise diplomatique venant de France n'arrive à Libreville qu'une fois par semaine et c'est le mercredi. Avec les fêtes et les congés de Noël qui approchent, il ne faut pas espérer les récupérer avant le 26 décembre (dans le meilleurs des cas) nous voilà fixés sur la durée minimum de notre passage à Libreville au Gabon.

            Sur le parking où nous avons garés Bagheera un jeune homme nous croise et nous lance : « tiens, monsieur et madame Sarkosi ! » et au vu de ses réflexions, il ne porte pas le président français dans son cœur, mais que les africains arrêtent de penser que tous les français sont sarkosistes !

 

            Notre seconde priorité est l'ambassade d'Angola (où il faut être en tenue correcte, c'est à dire de ne pas porter de shorts). Nous n'y restons pas longtemps, juste le temps de prendre un peu de fraîcheur dans le bureau climatisé et d'apprendre que le pays ne délivre plus de visas de tourisme ou de transit pendant trois mois ! Ça c'est moins rigolo pour la suite du voyage !

Les ambassades : du Congo (00° 25' 266N / 9° 25' 740E) : de la République Démocratique du Congo, du Mali et de l'Angola sont très proches les unes des autres.

 

            Après avoir déjeuné et fait quelques menues courses au supermarché Géant CKDO nous retrouvons Emmanuel et rencontrons finalement Roger au restaurant « Marquisa » tenu par un français. Les expatriés français ne manquent pas dans la capitale gabonaise et quand ils y sont, ils y sont pour longtemps. La salle de restaurant feutrée du premier étage est plutôt du style, bon chic, bon genre. Avec nos tenues de voyageurs un peu « crados et poussiéreuses » sur les bords, nous dénotons parmi les convives « costumes-cravattes »

Autour de la table, un des amis de Roger est ancien policier, nous leur faisons part de notre petit souci de retrait de permis de conduire et de la forte amende. D'après eux, cela ne devrait pas être trop difficile pour récupérer notre document sans que nous ayons à payer les 48 000 F/CFA (72 euros). Nous leur faisons confiance et comptons sur leurs relations !

Puis c'est Brigitte la femme de Roger qui nous prend en charge jusqu'à leur maison située à Owendo dans la banlieue sud de Libreville.

Notre gros camion jaune prend beaucoup de place dans leur courette. Nous sommes en sécurité dans leur propriété gardée par Adhama, le jeune gardien-jardinier-laveur de voiture, burkinabé.

 

            Le pays abrite de nombreux immigrés venus notamment des autres pays d'Afrique francophone. Ils sont commerçants, tailleurs, couturiers, instituteurs, chauffeurs de taxi et manœuvres. Ce sont les européens qui détiennent la majorité des industries exportatrices du Gabon.

           

            Chaballe, (eh oui, comme le joueur de Rugby) le chien de la maison n'est pas décidé dans les premiers temps à partager son petit territoire avec Ulysse le voyageur. Nous faisons donc en sorte de les tenir à l'écart l'un de l'autre et tout se passe bien.

 

            Nos multiples tentatives pour joindre Peter et Tessa au téléphone aboutissent enfin, nous sommes heureux d'avoir de leurs nouvelles. Ils sont à la ville de Pointe Noire au Congo et se sont vu refuser de nouveau le visa d'entrée en Angola. Ils partent prochainement pour Brazzaville (Capitale du Congo) puis Kinshasa (capitale de la République Démocratique du Congo) et Matadi (RDC) pour un ultime essai au consulat d'Angola.

 

            Nos amis gabonais rentrent toujours très tard, nous squattons leur salon de jardin le temps de l'apéro, malheureusement les moustiques nous obligent à effectuer un repli stratégique dans notre camion)

 

 

            Ce matin, mardi, Roger est parti très tôt et Brigitte fait la grasse matinée. Après une nuit étouffante ponctuée par de multiples démangeaisons de piqûres de moustiques et des aboiements de clebs rôdeurs, nous repartons à l'assaut de la ville, des ambassades, des supermarchés Géant CEKADO et M'BOLO (ce supermarché possède un distributeur d'argent liquide de la banque BICIG pour carte Visa – 00° 24' 391N / 9° 26' 264E) et du Centre Culturel Français (situé juste à côté du M'BOLO) pour le Cybercafé.

 

            Nous avons réexaminés notre parcours et comme il nous paraît pour le moment peu probable d'avoir les visas pour l'Angola, (nous attendons des nouvelles de Peter dans les prochains jours) nous pensons, dans le pire des cas, être obligés de traverser la République Démocratique du Congo sur plus de 2000 Kms, d'entrer ensuite en Zambie et suivant le temps que nous aurons mis, soit de revenir sur la Namibie, soit d'entrer directement au Mozambique. Le passage par la RDC ne nous enchante guère, il n'y a pas de route, que des pistes et les conflits au Darfour (région située dans l'est du pays) ne nous rassurent pas.

A l'ambassade de RDC, où nous faisons la connaissance de Pauline, (deuxième secrétaire de l'ambassadeur) et amie de Françoise, notre projet ne semble affoler personne, notre route est loin des combats.

A l'ambassade du Congo, nous ne demandons qu'un visa de transit, il faut alors leur donner la date exacte d'entrée dans le pays et comme pour le moment nous sommes dans le brouillard le plus complet pour la suite du programme, nous ne déposons aucun dossiers. Il y a des journées où rien n'avance !

 

            Par contre, suivant les informations d'un expatrié français rencontré dimanche sur le parking de La Marée, Marc trouve sans problème les pièces qu'il lui faut pour réparer le circuit hydraulique de la direction assistée. (Entreprise Matec – fabrication de flexibles – 0° 22' 729N / 9° 27'882E – zone industrielle d'Oloumi)

 

            Les jours où nous venons à Libreville, nous pique niquons chaque fois sur le bord de la plage mais aujourd'hui c'est resto avec Roger et Brigitte chez « Marquisa » mais dans la salle du bas. La cuisine est savoureuse et le copieux repas arrosé d'un excellent Saumur Champigny !

 

            Repus par ce déjeuner, (ça change des salades composées) nous quittons la ville pour nous mettre quelques jours au vert et au bord de la mer, retour au Cap Estérias ! La piste en en meilleur état, le temps clément de ces derniers jours a permit aux ouvriers de niveler quelques passages délicats.

 

            Nous retrouvons toute la bande de La Marée  et notre place « privilégiée » près de la maison de François et Jules.

 

            Du mercredi 12 décembre au dimanche 16, il n'est point nécessaire de relater nos activités journalières dans les détails, nous restons bien sagement à La Marée. Le temps est mitigé et capricieux (nous sommes en petite saison sèche) soleil, nuages, pluie, soleil, pluie, soleil…..mais toujours de la chaleur.

 

            Françoise nous permet de brancher l'électricité du camion sur une prise de courant d'une des chambres de son hôtel et de profiter également de la douche. Muchas gracias Françoise !

            Marc entre alors dans une phase « Monsieur Bricolage » et le travail ne manque pas. Outre la énième réparation fastidieuse du circuit de direction assistée, le démontage du pneu lisse (que nous laissons en cadeau à La Marée) la découpe du bas de la porte de l'armoire qui ne se ferme plus, il s'attaque à la réparation provisoire de la carrosserie rouillée du haillon de la voiture de Françoise, qui sur la piste d'enfer du Cap à Libreville fait un boucan du diable, il examine son panneau solaire qui depuis des lustres ne donne plus rien et ne donnera plus rien. Eve se plonge de longues heures devant l'ordinateur au rattrapage des Baobabs à en avoir mal aux yeux le soir ! Entre deux moments d'écriture, c'est aussi le temps de se plonger dans la lessive du petit linge. Draps, serviettes, chemises et pantalons sont confiés au soin de Fatou.

A ses heures perdues, Fatou fabrique de l'huile de coco, ce qui lui demande beaucoup de temps car avant de récolter l'huile, il faut aller acheter les cocos à Libreville en prenant le minibus qui n'a pas trop d'horaire, les ramener au cap Estérias, les casser, les râper, les presser, faire cuire le « lait » et attendre que l'huile remonte en surface.

Ulysse est devenu rapidement son ami (pas fou le chien) pratiquement tous les jours, Fatou va lui chercher une coco tombée des palmiers du coin, lui décortique et lui donne à manger. Ulysse qui en raffole, n'a plus qu'à se coucher sur l'herbe et à croquer dans la chaire blanche et juteuse du fruit à beaux crocs sans en laisser une miette !

Mais il ne se passe pas une journée sans baignade et là, c'est auprès d'Emilienne que notre clebs trouve une insatiable compagne de jeux de plage.

Plusieurs soirs nous nous retrouvons autour de bons repas préparés par soit par Eve, soit par Françoise, le plus souvent accompagnés d'une bouteille du célèbre vin « Chenet » (vous savez la bouteille au goulot de travers). Mais pour rappeler à nos palais quelques saveurs et arôme bien de chez nous, nous dégotons dans les rayons d'un des grands supermarchés de Libreville (bien achalandé en « pinard » français) une bonne bouteille de vin de la coopérative de Restigné. Déguster un Bourgueil si loin de notre région est un vrai plaisir.

 

            Lundi 17 décembre. Il a plu une bonne partie de la nuit. Ce matin, le ciel est gris et ne compte pas se départir de sa couche nuageuse. La piste pour retourner à Libreville est bien sûr redevenue boueuse.

 

            Nous déposons nos demandes de visas pour la République Démocratique du Congo (30 jours = 40 000 F/CFA = 61 euros par personne) nous traînons un peu dans les supermarchés et au Cybercafé du Centre Culturel Français, de toute façon, il fait un temps pourri, la pluie redouble au cours de la journée et il fait presque nuit à 17 heures. Nous nous réfugions dans la cour de la maison de Roger et Brigitte qui sont des amis du genre « oiseaux de nuit » si bien que nous nous voyons souvent qu'en pointillé.

Même sans la présence des maîtres de maison, lorsque Bagheera se pointe au bout de la rue, Adhama nous voit ou nous entend et il nous ouvre le portail sans que nous ayons à klaxonner comme le font tous les propriétaires des villas lorsque ils rentrent chaque fois au bercail.

 

            Le lendemain, le mauvais temps s'est un peu dissipé mais le soleil n'a pas encore reprit son assurance sur la grisaille, c'est encore une journée de ville qui nous attend.

 

            Au Gabon, nous ne trouvons plus de bouteille de camping gaz de 3 kilos et encore moins d'endroit pour les faire recharger. Nous avons beau, rôder du côté du port de commerce d'Owendo, baguenauder dans les magasins de bricolage, notre recherche reste infructueuse.

 

            Noël approche, ce ne sont pas les frimas qui l'annoncent mais les vitrines des commerces qui s'ornent de guirlandes scintillantes et multicolores. Les rayons des supermarchés se sont remplis de vrais et faux sapins, de jouets et de chocolats (nous faisons un petit stock de gourmandises pour nos amis et nous). Au CKZ, grand bazar de bricolage, jardinerie, Hi-Fi, électroménager, jouets, habillage, linge de maison, ustensiles de cuisine, librairie, papeterie, etc., etc.…nous faisons le boulot du Père Noël qui n'a sûrement pas dû recevoir notre mail de commande de cadeaux. Tien! Pourquoi pas des bouquins qui parlent de l'Afrique ?

 

            Si durant le voyage, Marc arrive à faire lui même régulièrement les vidanges moteur, il n'en est pas de même pour le graissage des arbres à transmission. Pour 5000 F/CFA (moins de 10 Euros) et en même pas dix minutes, nous le faisons faire dans une des nombreuses stations services Oilibya.

 

            Mercredi 19 décembre. Encore une journée qui ne devrait pas trop nous fatiguer, notre planning n'est pas trop surchargé, pas comme les avenues de la capitale gabonaise. Nous devons récupérer nos visas à l'ambassade de la RDC, faire un peu de ravitaillement en produits frais avant de repartir vers le Cap Estérias.

Mais alors que Bagheera est rangé et paré pour notre départ d'Owendo, nous voyons nos amis sortir de leur salon, leurs bouilles à peine réveillées ! Ah ces fêtards ! Pas de travail aujourd'hui pour Roger, c'est jour férié ! 20 décembre, on fête quoi ?

Nous rien, ce sont les musulmans qui célèbrent la Tabaski (la fête du mouton qui a lieu 40 jours après la fin du Ramadan) qui commémore le sacrifice d' Abraham et comme l'actuel président, El Hadj Omar Bongo s'est converti à l'islam dans les années 70 (avant, il se nommait Albert-Bernard Bongo) c'est jour férié dans le pays. Du coup, toutes les administrations, les ambassades, les entreprises sont fermées, seuls les supermarchés sont ouverts la matinée. C'est donc loupé pour nos visas ! Nous restons chez Roger et Brigitte. Une re-énième fois, Marc se couche sous le camion pour réparer le flexible de la direction assistée qui fuit toujours. Il insiste mais à chaque fois, cela ne fonctionne que quelques jours !

            Roger et ses amis, n'ont toujours pas récupéré le permis de conduire international de Marc. Comme nous n'avons pas envie de payer la forte amende demandée, nous envisageons de falsifier son ancien permis périmé (que nous avons en réserve) en modifiant au mieux la date d'expiration. Mais nous gardons encore espoir, surtout que Brigitte se souvient avoir une bonne amie qui travaille à …….. Elle se charge de contacter sa copine Ginette le plus rapidement possible pour qu'elle intervienne également. La balle est maintenant du côté féminin.

 

            Le jour suivant, nous faisons « chou blanc » à l'ambassade de la RDC. Hier c'était férié et ce matin monsieur le Chancelier n'a pas daigné venir signer les documents ! Nous reviendrons après Noël ! En attendant, nous avons hâte de nous retrouver au bord de la mer.

 

 

Rendez-vous au Cap Estérias, Bisous à Vous, Eve, marc et Ulysse.



25/03/2008
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