Bagheerafrica

Baobab n°21 Le Gabon 1/3

                   Le Baobab N° 21 (Gabon)

 

 

 

            Jeudi 6 décembre, le Gabon est notre neuvième pays depuis la France.

 

            Que ce soit, au premier poste de police (situé juste après le pont sur le fleuve Kom) pour le contrôle de nos passeports ou au bureau des douanes pour le tamponnement du Carnet De Passage en Douane, nous ne rencontrons aucunes difficultés administratives, le seul inconvénient est la pluie équatoriale qui nous tombe dessus telle une furie. Il nous faut tout de même nous présenter à la Direction Générale de la Documentation et de l'Immigration située sur le bord de la route principale de Bitam, il faut fournir copies de nos premières pages de passeports et du visa camerounais avec le tampon daté du jour de la sortie, que de paperasses.

Direction Oyem, où les bureaux de Celtel sont fermés jusqu'à 15 heures, pas moyen d'acheter une nouvelle carte SIM pour notre téléphone portable. C'est à Mitzig, petite ville animée avec sa multitude de petites boutiques, sa superette CECADO, ses nombreux étals colorés de fruits et de légumes, ses bazars où le plastique multicolore est roi que nous achetons notre puce Celtel.

 

            La jolie route sinueuse, trace ses courbes au milieu de l'épaisse végétation équatoriale, offrant à nos yeux tout un camaïeu de verts.

            Le Gabon, ne se démarque pas des autres pays africains en ce qui concerne les contrôles de police. Il y a pratiquement toujours des barrières baissées ce qui nous oblige à nous arrêter et attendre le bon vouloir de ces messieurs : soit ils nous laissent passer, soit ils décident de nous contrôler de plus près, regardant parfois d'un œil pas du tout professionnel la page de garde du CDPD, ou triturant nos passeports distraitement sans les ouvrir. Mais quand un douanier demande à voir l'intérieur du véhicule, Ulysse entre alors en scène, et d'un simple regard, même pas un aboiement, il dissuade le curieux de toute investigation, brave chien !

 

            La pluie tombe en quasi permanence et c'est par une piste forestière détrempée que nous nous engageons pour dénicher notre bivouac nocturne (02° 22' 442N / 11° 27' 945E) la latérite épaisse et grasse colle sous les tongs et s'incruste entre les coussinets des pattes d'Ulysse. C'est désolant, le sol de Bagheera va passer encore du gris au rouge.

A la tombée de la nuit et malgré nos moustiquaires, nous sommes envahis par un flot incroyable d'éphémères africains. Eh oui, ces petits insectes envahisseurs sont noirs !

 

            Le jour suivant, avant de continuer notre route vers Libreville, nous profitons du sol bien meuble pour faire une fosse et vider nos WC qui commencent à refouler des odeurs pas trop agréables.

 

            Le ciel est redevenu bleu, seuls quelques nuages blancs inoffensifs persistent. Nous roulons maintenant sur un asphalte neuf, un vrai plaisir pour la conduite avec virages à droite, virages à gauche, montées, descentes, re-virages à droite, re-virages à gauche….. . Nous avons les yeux rivés sur le GPS, nous approchons de la latitude 0° 00' 000 : l'ÉQUATEUR ! Ligne imaginaire qui sépare l'hémisphère nord de l'hémisphère sud de notre belle planète Terre. Pas de contrôle, pas de barrière, pas de péage, une grande pancarte nous confirme bien notre changement d'hémisphère.

            Mais voilà, si la végétation est toujours la même, l'état de la route se dégrade, le goudron en bon état de Njolé à Oyan, disparaît peu à peu, jusqu'au moment où la route ne devient que nids de poules et trous d'eau.

De chaque côté de la route, les bambous sont tellement hauts et souples qu'ils forment de magnifiques tunnels de verdure.

 

            Quelques kilomètres après Bifoun, simple ville carrefour, nous sommes arrêtés, comme de nombreux camions par un agent de la sécurité routière vêtu de la réglementaire brassière orange fluo. Marc présente les papiers du véhicule et son permis international. Nous avons les extincteurs, tout va bien, mais …nous avons omis de porter les ceintures de sécurité, qui sont obligatoires dans le pays. Et VLAN, ça sent l'amende ! Sans discussion possible, Marc doit se rendre dans le baraquement servant de bureau. L'agent lui confisque son permis en lui signifiant qu'il pourra le retirer à partir de lundi (dans trois jours) dans les locaux de l'ex primature à Libreville en échange de 2 x 24000 F/CFA (72 Euros) sur présentation du reçu qu'il lui remet notifiant le motif et le montant de l'amende. Notre séjour au Gabon s'annonce bien, et les cadeaux de Noël sont compromis !

 

            Sur la route qui mène à la capitale, nous rencontrons nos premiers convois de grumiers qui transportent de longs et gros troncs d'arbres jusqu'au port. A voir à quelle allure ils roulent sur les routes défoncées, nous ne tenons pas à rester entre deux semi-remorques, d'ailleurs, dès qu'ils le peuvent ils nous doublent sans vergogne.

 

            Après avoir subis les premiers embouteillages gabonais et le très mauvais état des voies d'accès de la banlieue de Libreville, nous arrivons dans la ville à la nuit tombée à la mission catholique des Sœurs bleues (0° 24' 358N / 9° 26' 949E) où nous sommes gentiment accueillis par Sœur Pierrette. La nuitée (dans notre véhicule) est de 3000 f/CFA (environ 5 euros) et nous avons par bonheur, accès à des toilettes et à des douches avec eau chaude s'il vous plait ! Nous apprenons par la jeune sœur que Peter et Tessa, après avoir passés une semaine à la mission, sont partis ce matin même ! Ah ZUT !    

           

            Samedi 8 décembre 2007. La nuit a été très orageuse et pluvieuse. Nous avons rendez-vous avec Emmanuel, un cousin d'Auguste (du Cameroun) Le quartier de la mission des sœurs bleues ne semble pas être son quartier de prédilection et il a beaucoup de mal à nous trouver. Finalement après de nombreux appels et rappels téléphoniques nous réussissons à nous rencontrer. Nous filons rapidement à son QG à lui, le bar « le Cactus » sur le bord de mer.

Effectivement le décor n'est plus le même, nous venons de quitter un quartier très populaire et nous atterrissons dans celui beaucoup plus chic des hommes d'affaires et affairés. Mais Emmanuel n'est qu'un sympathique intermédiaire, nous voulons faire la connaissance de Roger, un frère d'Auguste qui vit et travaille au Gabon depuis fort longtemps. Mais ce brave homme paraît bien occupé par ses « business », nous décidons donc en attendant lundi pour le voir, de partir en week-end au Cap Estérias, au bord de la mer.

 

            Libreville n'est plus entièrement l'Afrique, la large avenue qui longe la mer est embouteillée, non pas par de vieux taxis brousse mais par de somptueux 4X4, la plupart conduit par des expatriés blancs ou de richissimes africains. Notre écrase buffle dénote un peu dans le paysage automobile, d'autant plus que cela fait longtemps que Bagheera n'est pas passé sous la douche !

 

            A la sortie de la ville, nous achetons du pain (comme chez nous) dans une belle et grande boulangerie, à côté, se tient un marché mais nous préférons nous approvisionner en fruits et en légumes à quelques vendeuses togolaises très gentilles installées au carrefour suivant (produits plus abordables que dans les étals des supermarchés) 

 

            La belle avenue longeant le palais présidentiel et la route passant devant l'aéroport « Léon M'ba » finit en piste défoncée et boueuse avec de gros bourbiers. Les piquets de grèves établis il y a quelques temps par les habitants du Cap Estérias ont eu apparemment échos, car de nombreux engins de l'entreprise Colas sont en chantier pour faire passer les trente kilomètres de piste en latérite en route goudronnée. Pour le moment, c'est déboisement des abords et pose de buses, il y a de l'espoir.

 

            Nous arrivons en début d'après-midi au restaurant  La marée  (0° 37' 100N / 9° 19' 407E) l'écrase-buffle fait assez de bruit pour faire sortir les propriétaires de leur maison. Sans chichi, nous sommes très aimablement reçus par Françoise, une sacrée « gouailleuse » ex-bordelaise, son ami Jules, Zaïrois de naissance, Emilienne sa fille de 10 ans, Fatou la femme à tout faire camerounaise et Mahé la chienne de garde de la propriété, une chiwawa qui quoique bien grassouillette pourrait loger sans problème dans la gueule d'Ulysse, mais à la seule vue du mâle noir qui déboule dans le jardin, la pauvrette s'affole et il faut les bras secourables de sa maîtresse pour la rassurer.

Françoise, l'âme aventurière rêve depuis quelques temps à d'autres horizons que le ciel gabonais, pourquoi ne pas se parachuter aux Bahamas ou à Mayotte pour ouvrir un nouveau restaurant ? Pourquoi ne pas équiper un véhicule 4x4, tout bazarder et partir avec Jules sur les pistes africaines ? En attendant, Françoise note sur un cahier les noms, prénoms, adresse mail et sites Internet des voyageurs qui « squattent » son terrain un jour ou deux jours, une semaine ou deux, faisant de cette halte à La Marée, un plein de calme et de repos, en se ressourçant d'une bonne dose de baignades et de farnientes, sans oublier de faire honneur à la cuisine de Jules.  

 

            L'endroit est superbe pour y passer quelques jours de vacances, l'herbe épaisse du bivouac nous invite à marcher pieds nus et la plage à proximité nous incite à la baignade, Ulysse est bien sur le premier à se jeter dans l'eau chaude de la petite baie.

 

            Le lendemain c'est dimanche et jour d'ouverture du resto. Depuis quelques temps, Françoise et Jules ferment l'établissement les jours de semaine et ont renoncés (sauf cas exceptionnels) à faire l'hôtellerie. Aujourd'hui en raison probablement du mauvais état de la piste, aggravé encore par la forte pluie de la nuit, les clients se font désirer et arrivent plus tard que les autres dimanches.  Nous avons prévu de goûter aux spécialités de Jules et nous ne regrettons pas. Le repas (un peu cher pour notre budget) est tout simplement divin et succulent. Nous n'avons pas aussi bien mangé depuis des lustres. En entrée, Françoise nous concocte une assiette composée de crabes et palourdes farcis et de couteaux. Le rouget braisé, vaut à lui seul le déplacement, les frites (des vrais et pas des patates congelées) c'est juste pour conserver nos petits kilos bien en place et la « Régab » la bière locale simplement pour accompagner tous ces plaisirs culinaires. Merci à Jules d'avoir réveillé nos papilles gustatives.

 

            Repus par un très bon déjeuner et détendus par une petite baignade, nous ne pouvons que passer une agréable nuit au bord de la mer, nous laissant bercer par le murmure des vagues. Mais voilà c'est sans compter sur le bruit du groupe électrogène que Jules démarre chaque soir vers 18 heures pour ne l'éteindre qu'à 6 heures du matin (le réseau électrique n'arrive pas encore jusqu'ici) finalement, le ronron permanent du groupe ne nous gêne aucunement.

 

 y faire.ssant devant et Ulysse y faire.jour vers 18 heures pour ne mter les avues st bien sur le premier Demain, retour à Libreville, nous avons mille et une choses à y faire.

 

 

Bisous à vous, Eve, Marc et Ulysse.



25/03/2008
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