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Baobab n°12 Le Niger - 2/2

Le baobab N° 12 (Niger)

 

 

            Samedi 3 novembre. Après Dosso, la route se gâte, d'importants travaux de voiries sont en cours, il nous faut emprunter sur plus de dix kilomètres une piste en latérite. Sur le bord des routes, hommes et femmes battent le mil sous un soleil torride.

 

            Nous avons encore la chance de dénicher un bivouac tranquille pour la nuit, sur la piste du petit village de brousse de Chanono. (13° 43' 532N / 04° 15' 32E) mais Ulysse à décider de nous faire passer un fort mauvais début de nuit.

            Pour nous alerter en cas de tentative d'évasion de notre gardien de nuit, nous installons des canettes de bière vides au bas des deux moustiquaires de portes. Mais ce soir, notre fauve ne tient pas en place, il renifle constamment à l'extérieur  et ne cesse de vouloir écarter les rideaux moustiquaires. Nous pensons qu'il sent une femelle en chaleur dans les parages et comme nous ne souhaitons pas qu'il fréquente une « pouilleuse » nous nous gardons bien de lui procurer un peu de liberté sexuelle ! Rien n'y fait pour le calmer, Eve ferme les deux portes ce qui l'énerve que davantage. Il tourne, il vire, s'affale de tout son poids, se relève, tourne, couine, pleure et essaie de toujours vouloir sortir. Ça le mène ! Ce n'est que lorsqu'il se met debout sur ses pattes arrière (chose qu'il ne fait jamais quand nous dormons) et qu'il vient geindre à nos têtes que nous comprenons vraiment qu'il faut au moins le faire sortir attaché. Il n'y avait pas de femelles en chaleur dans les alentours mais tout simplement une grande envie urgente d'un « cacafioc » Enfin soulagé, Ulysse rentre , se couche et s'endort très vite sans plus faire de ramdam ! Brave chien ! Mais ce n'est pas facile de le comprendre.

 

            Le lendemain, nous faisons un crochet rapide par le petit village de Salewa sur la route de Birni-N'konni – Tahoua, situé à une quinzaine de kilomètres d'un carrefour très animé. La mosquée de Salewa avec son architecture en banco et la décoration de ses murs extérieurs valent ce petit détours, d'autant plus que pour si peu de kilomètres nous n'avons rien payé au poste de péage. Nous pouvons filmer et photographier l'édifice religieux sans que, qui que ce soit ne nous réclame quelque chose. Les villageois sont plus intrigués par la présence d'Ulysse sur le siège passager du camion que par ces deux touristes qui font un simple tour de leur mosquée, appareil photos et caméscope en bandoulière. Le Chien suscite un véritable attroupement, tout le monde veut le voir. La « vedette » se fait prier, il y a beaucoup de spectateurs et dès qu'Ulysse pointe son museau à la portière, il y a dans la foule un mouvement de recul. Tous, sont admiratifs devant cette grosse bête noire.

 

            Lundi 5 novembre. Les récoltes, le battage et le stockage du mil bat son plein dans la région. Les greniers dodus en terre et toit de paille pointus nouvellement construits ou rénovés sont prêts à accueillir les gerbes de céréale en réserve.

 

            A Maradi, grande ville commerçante et industrielle, nous demandons notre chemin maintes fois pour trouver la mission catholique du Père José !  (Nous avons obtenu cette adresse par une famille de voyageurs contacté sur le net) sans amis ni connaissances dans les grandes villes, c'est probablement le lieu le plus sur. Les missionnaires ne demandent jamais les appartenances religieuses, (heureusement pour nous) ils offrent l'hospitalité tout naturellement.

            Nous sommes très bien accueillis par le Père José, d'origine espagnole qui a l'habitude que sa mission soit le refuge des baroudeurs de passage à Maradi. (13° 29' 542N / 07° 06' 236E) l'eau potable, les WC et les douches sont à notre disposition. Le Père, très occupé par la présence dans la ville de l'Evêque, nous accorde quand même un petit moment pour nous parler du pays. De foi catholique, il déplore le fort taux de natalité au Niger : 8,15 enfants par famille ! Et ce n'est pas la religion islamique qui favorisera la régulation des naissances. « On règne mieux avec des gens pauvres et illettrés ! » en plus cela donnerait moins de petits mendiants à l'islam, voyons ! Il redoute également l'extension des conflits  existants dans le nord du pays, pas seulement à cause de la rébellion touaregs mais dus aux importants gisements d'uranium terriblement convoité, avec la pénurie du pétrole dans les années à venir.

 

            Dans la soirée, Peter et Tessa, arrivés également à Maradi mais installé en camping au Mess des officiers où ils subissent une véritable agression de trop nombreux moustiques, nous rejoignent dans la cour de la mission (eux sont catholiques). Nous commençons alors dès le soir, une cohabitation qui va durer jusqu'au nord du Cameroun.

 

            Ulysse, que le grand chien à moitié sauvage du Père José vient narguer, lui saute sans vergogne dessus et l'aplatit comme une crêpe. Des aboiements plaintifs s'ensuivent de cette bataille férocement canine, Ulysse revient vainqueur mais se prend une rouste de notre part, l'autre chien s'en retourne chez lui en couinant et en boitant. C'est malin, on va avoir des ennuis avec Dieu ! Le lendemain matin, le vaincu a retrouvé sa santé mais grogne à la seule vue d'Ulysse.

Malgré ce petit incident, le Père ne nous en veut pas et nous passons une très bonne première soirée avec Tessa et son papa Peter, grand amateur de bière !

 

            La nuit n'est pas calme, le circulation est incessante, l'orchestre du bar voisin crache ses décibels, les muezzins appellent à la prière des quatre coins de la ville et s'en donnent à cœur joie, et les coqs reprennent le flambeau dès l'aurore.

 

            Nous restons toute la journée du mardi à Maradi. Eve et Tessa en profite pour faire du lavage, nous allons avec Marc (Peter bricole) au marché, où Tessa, jeune et jolie petite blondinette en short ne passe pas inaperçu. Nous étudions notre futur parcours au Nigeria et Eve qui a fait connaissance hier avec une jeune femme coiffeuse se fait faire des mèches à domicile pour 500F / CFA (même pas un Euro et c'est le prix qui m'a été demandé, Max, j'ai rien négocié » !!) Mais n'ayant pas l'habitude de ce genre de travail, le mèche à mèche se termine par une vraie teinture blonde.

 

            Le cybercafé proche de la mission fonctionne vraiment très mal et trop lentement. Nous arrêtons la connexion au bout d'un quart d'heure, tellement ça nous énerve et sans que nous ayons pu passer un mail.

 

            Nous sommes en face d'une des écoles de la mission et pendant l'heure de midi, ou avant et après la classe, des groupes de petites filles et de petits garçons viennent voir Ulysse. C'est fou d'être à ce point vedette pour un clebs !

            Le midi, le petit Maman Sari, gentil mais espiègle gamin, très livré à lui même, nous n'arrivons pas à savoir avec qui il vit, si c'est avec ses parents ou une tante !? reste avec nous. Après avoir rapidement troqué sa tenue d'écolier pour un sale et trop grand tee-shirt, il revient avec nous partager notre repas, refilant les petits bouts de tomates et les oignons du taboulé à Ulysse. Sa bouille adorable et ses grands yeux malicieux nous le rende très attachant même si déjà, il se croit un peu chez lui dans le camion et épate comme cela les autres copains de l'école !

 

            Mercredi 7 novembre. Nous quittons le Père José vers 8 heures 30, nous laissons 5000F /CFA (à peine 10 Euros) pour les bonnes œuvres de la mission catholique.

            Nous récupérons notre bouteille de gaz que nous avions mise à faire recharger hier dans un des nombreux bazars près du petit marché, mais comme il n'y a plus de gaz depuis 5 jours, elle nous revient vide.

 

            L'équipe Franco Hollandaise que nous formons avec Peter et Tessa se met en route pour les postes frontières et à l'assaut du Nigeria un peu redouté. Préparez vos papiers.

 

 

Bisous à vous, Eve, Marc et ulysse.

 



26/02/2008
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