Bagheerafrica

Baobab n°05 Le Mali - 1/2

Le baobab N° 05 (Mali)

 

 

            Vendredi 05 octobre. Nous sommes réveillés par les braiements des nombreux ânes qui broutent un peu partout autour de nous. Ca fait rire Marco mais cela le conforte dans son idée de n'avoir jamais d'ânes au Moulin Piard ! 6 heures du matin, ce n'est pas une heure décente pour entamer une discussion, Eve n'engage pas la polémique !

 

            Nous passons la frontière mauritanienne au village de Kobéni. Outre les 3000 ouguiyas qu'il faut donner au douanier (allez savoir exactement pourquoi !) notre Carnet De Passage en Douane est tamponné et tout se passe bien. Une quinzaine de kilomètres plus loin, dans les bureaux de la police, c'est également vite expédié.

            Du côté Mali, le poste de police est bien avant Nioro du Sahel, nous y faisons tamponner nos passeport et nous prenons une assurance couvrant le véhicule pour trois mois dans les pays de la CEDEAO (31000 F.CFA)Les bureaux des douanes sont maintenant au grand carrefour à l'entrée de la ville de Nioro. Plus besoin d'aller se perdre dans les ruelles insalubres de la ville pour trouver les douaniers, là aussi pas de problème.

 

            Sur la longue route qui mène à Dièma, nous trouvons avec bonheur un beau baobab feuillu qui, le temps d'un bref déjeuner nous prodigue son ombre bienfaisante.

 

            L'hivernage (la saison des pluies) est en principe terminé. Certaines mares sont déjà asséchées, d'autres, toujours remplies d'eau boueuse sont des lieux de rendez-vous pour les femmes qui lavent le linge, les enfants qui se baignent et les animaux qui s'abreuvent.

 

            Nous ne reconnaissons plus le paysage malien tel que nous l'avons découvert fin janvier 2007 lors de notre premier voyage en Afrique avec l'écrase-buffle. Les villages de brousse sont dissimulés au milieu des champs de céréales. Seules les cimes des petits greniers dépassent au dessus des hautes tiges de mil.

 

            A environs 80 kilomètres de kayes, après le village de Maréna et sur la piste menant à Yélimané, nous nous arrêtons pour notre premier bivouac en terre malienne. En début de nuit, le ciel se pare d'éclairs, l'orage gronde, le vent souffle en fortes rafales faisant trembler Bagheera, il pleut très peu.

            Au petit matin, alors que nous venons tout juste de déjeuner, nous avons la visite de courtoisie  d'un malien ayant travaillé 7 ans en France. La première personne dont il nous parle est, devinez qui ? Sarkosy ! Ce n'est pas son pote à lui non plus.

 

            Nous arrivons à kayes et nous trouvons le moyen de nous y perde. Il nous faut l'aide d'un militaire qui passait à côté de nous dans son 4X4 climatisé pour retrouver, en passant à travers une décharge publique, la piste de Diamou et des chutes de Gouina.

 

            Allez, c'est reparti pour l'aventure et le tout terrain, Bagheera c'est à toi de jouer ! Dès le début, la piste ne nous fait pas de cadeau. Une porte de placard mal fermée et, ce sont les conserves qui dégringolent. Des bruits de ferraille ou de plastique sortent d'on ne sait où, étrange et pas spécialement rassurant !

 

            A 12 kilomètres de kayes, nous traversons Medine, première ville coloniale du Soudan Français avec son fort stratégique construit par Faidherbe (le même que celui qui a conçu le célèbre pont à Saint Louis du Sénégal) un projet touristique y est en train de se mettre en place.

 

            A Lontou, nous ne pouvons pas approcher des rapides du Félou, nous ne distinguons aucun accès, à part une petite plage servant de port aux pêcheurs du fleuve Sénégal. Nous continuons notre route vers le village de Sambaga puis traversons Cacoulou. Un énorme camion est en panne au milieu de la piste. Les mécaniciens couchés sous les essieux sont à pied d'œuvre pour réparer. Malgré les broussailles, nous contournons l'obstacle et continuons notre avancée en brousse vers Fanguinée koto, Maloum, Dinguira et Balandougou. La piste sinue entre les nombreux champs de culture de mil et de maïs, d'arachide et de bissap.             

            A l'approche de tous ces villages, sûrement avertis par le bruit de notre moteur, les petits enfants, les ados, voire les adultes sortent des cours et se précipitent vers nous, réclamant à grands cris stridents des stylos, des bonbons etc. etc. mais voilà ! Les « toubabous » qui passent aujourd'hui ne sont pas de bons « toubabous » pas de distribution de cadeaux !

 

            Juste avant Diamou, un petit pont enjambe un mince cours d'eau ruisselant assez limpide. Nous avons pitié d'Ulysse qui aujourd'hui en plus de la chaleur doit supporter (tout comme nous) les fortes secousses du camion. Lui qui ne pense qu'à se rafraîchir et à batifoler affole quelques fillettes installées dans l'eau à laver bol, plats et bassines. A la sortie de la ville, nous traversons la fameuse voie de chemin de fer qui relie Dakar au Sénégal à Bamako au Mali et retrouvons une portion de route goudronnée. Il ne faut pas rêver ! Cette route devait être en bon état au temps du fonctionnement de la cimenterie désaffectée, aujourd'hui, elle est « agrémentée » pour notre déplaisir, de superbes et profonds nids de poule !

 

            Des panneaux de signalisation nous indique clairement la petite piste à suivre pour se rendre au site touristique des chutes de Gouina. Le chemin se rétrécie sérieusement, les branches des arbustes griffent la carrosserie de Bagheera qui grâce à l'habilité de son « maître » qui souffre un peu de ne plus avoir de direction assistée, négocie au mieux les creux et les bosses.

            Malgré la vingtaine de kilomètres qu'il nous reste à parcourir pour enfin admirer ces célèbres chutes de Gouina, nous ne pensons pas arriver ce soir. L'état de la piste se dégrade, elle devient très caillouteuse, nous avançons très lentement.

           

            De toute façon, c'est la nature qui décide pour nous ! Nous nous trouvons bêtement devant une patte d'oie. La piste de gauche est véritablement un mur de cailloux et de marches énormes, celle de droite semble moins pentue mais pas trop attirante non plus. Nous faisons à pied une reconnaissance du terrain, n'osant vraiment nous avouer encore une fois vaincus par les éléments naturels. Nous avions déjà capitulés devant les difficultés de la piste venant de Bafoulabé lors de notre premier voyage alors que nous tentions de parvenir également aux chutes de Gouina. Mais la dure réalité est bien là devant nous, Bagheera peut sûrement franchir cet obstacle, mais nous tenons trop à notre case ambulante pour risquer l'aventure et casser quelques choses. Nous avons encore un long chemin à faire avant le Mozambique et nous ne voulons pas mettre en péril la continuité de notre voyage.

            Nous sommes sur le point de jeter l'éponge devant l'évidence quand deux jeunes maliens nous croisent avec leur chariotte chargée de bois. D'après eux, nous sommes devant la portion le plus dure de la piste, celle de droite est faisable. Nous étudions le terrain et nous nous lancons. Bagheera, très lentement, gravit la pente, se désarticulant au moindre obstacle. On en mène pas large, mais notre Ivéco sort vainqueur de la difficulté. Comme une récompense à l'effort fourni, nous nous trouvons alors devant une jolie petite esplanade, juste ce qu'il nous faut pour y passer la nuit.

 

 

            Le paysage est magnifique, la montagne nous entoure, tout est calme et paisible.

 

            Nous laissons le camion ouvert toute la nuit pour profiter au maximum de la fraîcheur nocturne. Nous entendons des voies au loin, Ulysse toujours attaché fait deux trois grognements et aboiements dissuasifs (ça résonne en plus)

 

            Demain, notre obstination va être récompensée, nous nous voyons déjà tranquillement installés près des chutes à nous baigner et à farnienter.

 

 

Mille bisous à vous, Eve, Marc et Ulysse.

       

        



25/02/2008
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