Bagheerafrica

Baobab n° 33 L'Afrique du Sud 3/3

Le Baobab N° 33 (Afrique du Sud)

 

 

Mercredi 5 mars : il est hors de question pour Eve de quitter le camping de Warmwaterberg, sans avoir en ce matin frisquette, profité de nouveau du SPA. La température extérieure en montagne n’est pas idéale pour se baigner en externe mais quand il s’agit de se plonger dans une eau bouillante c’est plutôt un plaisir.

Nous reprenons le N62 jusqu’à Ladysmith puis Calitzdorp. A une vingtaine de kilomètres plus loin, nous quittons la route pour aller vers Kruisriver. Le paysage devient plus sauvage puis laisse la place à des vallées verdoyantes et cultivées où les élevages de vaches, de moutons et d’autruches foisonnent. De près les autruches n’ont pas de très belles têtes mais qu’est ce que leur chair est succulente !

Après Matjesriver, nous bifurquons vers la Swartberg Pass où une piste part à l’assaut du massif pour atteindre le point Die Top à 1585 mètres d’altitude. Bagheera chauffe énormément et nous sommes obligés encore une fois de nous arrêter souvent. A quelques centaines de mètres du sommet, l’aiguille de contrôle de la température dépasse les 100° ! Nous ne devons et ne pouvons pas stopper, c’est à une allure d’escargot que nous arrivons au sommet. La descente vers Prince Albert est tout aussi impressionnante que la montée, il y a beaucoup de zigzags. Nous abandonnons, nous n’avons pas envie au retour de faire souffrir Bagheera de nouveau.

Nous apercevons quelques babouins sauvages qui décanillent dès que nous arrêtons pour les photographier. Par contre Eve s’en donne à cœur joie avec les nombreux massifs de fleurs qui poussent sur le bord de la piste.

 

Quelques kilomètres avant Oudtshoorn qui est la capitale mondiale de la plume d’autruche et où les plumeaux sont les rois devant les échoppes. Nous suivons les indications pour des cascades où après une courte promenade le long des parois rocheuses de la montagne et sur des passerelles métalliques nous entendons de plus en plus le doux bruit d’une mince chute d’eau. Ce n’est pas grandiose mais curieux et reposant. C’est aussi un endroit idéal pour les amateurs d’eau glacée.

Nous passons la nuit au très grand camping d’Hartenbos (le ATKV : 34° 07’ 49S – 22° 07’ 134E) il pleut, il fait un vent d’enfer, l’océan Indien est déchainé. Tout le monde est calfeutré dans les grandes caravanes et toiles de tente devant les télévisions. Les Sud Africains qui sont de grands adeptes et fans de camping ont des installations au top, des caravanes et toiles de tente luxueuses et du matériel de camping sophistiqué. Sur la route il commence à y avoir pas mal de camping-cars, surtout de location.

 

Jeudi 6 mars : le beau temps est revenu comme par enchantement et le ciel d’un bleu pur nous fait oublier vite le mauvais temps de la veille. Nous longeons la côte et roulons entre lacs et mer, montagnes de pins et lagons, quartiers populaires et résidences chics.

Malgré la pancarte qui nous indique que la route pour aller à Nature’s Vallée est interdite aux véhicules, nous nous engageons à travers la forêt et descendons vers la mer. La route doit être effectivement fermée depuis un bout de temps car de nombreuses branches d’arbres jonchent la chaussée. A 600 mètres du petit village, la route qui passe au dessus de la rivière Groot est coupée et bien coupée, nous ne pouvons plus avancer. C’est en fin de compte une bonne aubaine pour nous, nous installons notre bivouac sauvage à l’orée du bois (33°58’07 S - 23°33’60 E), normalement avec l’interdiction de circuler nous ne devrions pas avoir trop de passage. Nous passons une très bonne nuit.

 

Le lendemain, c’est de nouveau la grisaille. Nous trouvons la bonne route pour Nature‘s Vallée qui est un tout petit village et une petite station balnéaire qui est comme en ce moment de basse saison, très tranquille, l’immense plage est déserte et le vent qui soulève des nuages de sable cinglant nous pousse à ne pas rester.

Nous continuons notre chemin jusqu’à Humansdrop, nous avons ici l’impression que nous sommes vraiment revenus en Afrique. La ville très commerçante est très animée et la majorité des gens que nous croisons sont noirs ! Alors que dans les lieux plus touristiques c’est le blanc qui domine.

Au Cap St Francis, les magnifiques plages sont des endroits idylliques pour les surfeurs. Nous grimpons dans la qualité de nos campings, nous trouvons une petite place dans un superbe Camping Resort (34°11'931 S – 24°49'887 E). La présence d’Ulysse est autorisée, il paie même sa place.

 

Samedi 8 mars : Nous faisons de moins en moins de ravitaillement dans les supermarchés, nous piochons d’avantage dans nos réserves.

Nous évitons la grande ville de Port Elizabeth puisque nous savons depuis peu que chez Continental nous ne trouverons pas nos pneus.

 

En allant vers Addo Elephant National Park, nous avons la chance pour passer la nuit, de trouver le très charmant Caravan Park « Homestead » (33°32'325 S - 25° 40'932 E) un peu à l’écart de la R335 où nous sommes accueillis comme des princes et très bien installés dans un parc ombragé où trône un majestueux jacaranda aux fleurs mauves (son bois est très apprécié en ébénisterie sous le nom de palissandre). Nous achetons un catalogue des campings où sont répertoriés beaucoup de « Resort » Ce que nous y trouvons de plus intéressant pour nous, ce sont entre autres les points GPS lorsqu’ils existent mais c’est aussi de savoir si les chiens sont acceptés.

Nous nous étions rendus auparavant devant l’entrée de l’Addo Eléphant National Park (à 11 kms) que nous voulons visiter demain. Nous sommes allés en repérage comme à Etosha Park en Namibie car il va falloir de nouveau endormir notre fauve à nous. Ce soir, les moustiques refont leur apparition, nous n’avons pas eu le temps de nous protéger avec les sprays et crèmes anti moustiques.

 

Dimanche 9 mars : Nous shootons Ulysse qui avale ses comprimés enrobés dans du pâté. Nous entrons dans le parc alors qu’il est quasiment KO et affalé dans le coin toilette.

 

en 1919, un homme est payé par les fermiers de la région pour exterminer tous les éléphants qui détruisent les cultures et terrorisent la population. 120 éléphants sont abattus en douze mois ! Grâce à la pression de l’opinion publique, le carnage est arrêté et en 1931 il ne reste plus que 11 pachydermes qui trouvent refuge dans une réserve nouvellement créée. Mais le problème reste entier car les éléphants n’ont que faire des barrières et ils continuent leurs raids dans les terres. La solution ne sera trouvée qu’en 1954, un fabricant d’ascenseurs offrira plusieurs kilomètres de câble métallique résistants aux éléphants. Aujourd’hui, il ya 400 spécimens dans le parc. Si nous n’en voyons pas un, nous quittons l’Afrique illico !

 

A l’entrée du parc, on nous donne un plan du site où sont indiqués les différents points d’eau où nous pouvons apercevoir plus facilement les animaux lorsqu’ils viennent s’y abreuver. Nous commençons à arpenter lentement les pistes ouvrant grands nos yeux à la recherche des colosses. Mais rien de rien, que des bouses, toujours des bouses ! Et puis c’est le choc ! Non pas matériel entre Bagheera et un pachyderme mais visuellement car il y a une vingtaine d’éléphant autour d’une grande mare. Il y a beaucoup de voitures en stationnement, il est interdit de descendre de voiture mais quelques petits malins s’aventurent en dehors de leurs véhicules. Ils sont très rapidement remis à leur place par les gardes de la réserve qui veillent au grain. Le spectacle est saisissant, un vieux et gros mâle aux défenses cassées s’avancent vers les touristes, il prend des airs pas trop commodes. Quelques spécimens se baignent dans une eau boueuse ou s’aspergent d’eau après avoir bu goulument, des éléphanteaux s’amusent à coup de trompes et les plus jeunes en quête d’une tétée, ne quittent pas les grosses pattes de leur mère. Nous restons de longues minutes à les observer. Cette journée sera vraiment la journée de l’éléphant car nous en voyons partout, il y en a autant que les phacochères qui se promènent en famille.

Alors que nous roulons tranquillement les vitres ouvertes, Ulysse se met à hurler à la mort. Nous sommes seuls heureusement, il n’y a aucun autre véhicule dans les parages ! Eve se lève aussi vite que possible pour savoir ce qui lui arrive et le trouve avec une patte arrière coincée entre deux lattes du caillebotis ! Comme il est dans les « vap » il n’a pas de force pour se dégager tout seul, il y a plus de peur que de mal. Une fois libéré et réconforté, Ulysse toujours les yeux dilatés et semblant pleurer se renfrogne jusqu’à son réveil.

Nous quittons le parc à 16 heures avec cette fois des images superbes plein les yeux.

 

Le lendemain, nous quittons le petit camping où il aurait fait bon rester mais la route nous appelle. Nous passons par Alexandria pour rejoindre la côte, décidément la mer nous attire. A Kenton on Sea, nous trouvons un charmant coin pique nique bien protégé des embruns maritimes. Le vent souffle encore très fort sur l’océan, le sable des dunes est soulevé par les bourrasques, les rouleaux d’écumes se jettent furieusement sur la plage et la mer est toujours aussi froide. Nous suivons la côte jusqu’à Port Alfred, station balnéaire très fréquentée par les vacanciers entre Noël et Pâques. Il fait de plus en plus gris. Nous passons East London et établissons notre camping au Gonubie Holiday Resort (32°55’98 S – 28°01’83 E)

 

Les jours suivants se ressemblent un peu, déjà à la couleur du ciel qui n’est plus bleu. Dès que nous nous éloignons de la côte nous retrouvons les ambiances et les couleurs africaines. Les nombreuses vendeuses sont de nouveau installées sur le bord de la route pour vendre les fruits et les légumes. Toutes les collines sont bariolées par les maisonnettes aux couleurs chatoyantes. Les petites propriétés sont souvent composées de trois habitations, dont une est en forme de case ronde. Les toits de la plupart sont recouverts de tôles ondulées mais il en existe encore avec le toit de chaume.

Nous nous faisons arrêter deux fois par des agents de la sécurité routière. Nos papiers sont en règle mais ce sont plutôt l’état de nos pneus qui les interpelle. Mais lorsque nous leur expliquons notre long périple depuis la France, ils se montrent compréhensifs et nous laisse repartir en nous souhaitant bon voyage.

Nous sommes constamment à la recherche de nos camping car toujours pas moyen de bivouaquer en brousse. (Liste des derniers campings et point GPS dans le bilan du pays) Quand Eve demande si notre chien peut être accepté, la plupart des gardiens veulent savoir la taille du dit chien que nous tenons bien sur à l’écart des regards avant d’entrer. Eve triche un peu et le représente de préférence dans sa position couchée que debout. Il faudrait apprendre à Ulysse à japper plutôt qu’aboyer.

A Howick, nous jetons de l’esplanade un coup d’œil rapide aux chutes. La balade à pied pour y aller et revenir dure 2 fois 45 minutes. Il brouillasse, on n’y va pas. Nous annulons également notre visite dans le Drakensberg (la montagne du dragon) qui est dans le brouillard.

 

Dimanche 16 mars : nous avons passé la nuit à Nelspruit dans un camping sympa et calme. Nous sommes à 200 kilomètres de Maputo au Mozambique. Nous avons un vent du diable et il pleut !

A 11 heures nous sommes au poste frontière de Lebombo. En Afrique du Sud les formalités sont encore plus vite expédiées qu’à l’entrée. Au Mozambique c’est la foule. Un jeune homme nous scotche et ne nous lâche plus, il nous procure et rempli pour nous nos demandes de visas, pas moyen de nous en dépatouiller. Cela étant, il ne nous demande rien (ça nous surprend) et nous passons vite au guichet, merci ! Nos visas nous coutent 374 rands (soit  35 €) Pour nous deux et pour un mois. Le Carnet De Passage en Douane est tamponné, il faut quand même donner 10 rands !

 

A midi, nous sommes enfin au Mozambique. Quelques agents de change nous assaillent. Marc négocie 1 dollars US pour 35 meticals (monnaie mozambicaine). Ils sont d’accord et nous présentent une liasse de billets qu’ils comptent et qu’ils recomptent devant nos yeux, se les passant de mains en mains. Mais nous ne somme pas nés de la dernière pluie même si nous savons qu’en Afrique il est encore possible que nous nous fassions de nouveau avoir par des petits malins. Tant que la transaction n’est pas faite, Marc ne lâche pas les dollars et veut compter lui même les billets, il n’y a que 3300 meticals au lieu des 3500 prévus, les revendeurs reprennent alors la liasse et c’est là que nous voyons bien le manège, ils remettent bien les 200 manquants mais avec adresse en subtilisent plus, c’est le cafouillage tout le monde compte, nous sentons la magouille et l’arnaque, les mecs s’en aperçoivent, ils ne demandent pas leur reste et se tirent.

 

La première chose que nous faisons à Maputo est de trouver la plage pour qu’Ulysse prenne la température de l’eau qui dans la baie n’est pas des plus limpide, on croirait la Loire !

 

Nous retrouvons notre famille : Fred, Cély, dzongwane et Nwety chez les parents de Cély dont la maman fête son anniversaire. Une grande partie de la famille Chissumba est présente dans le petit appartement, c’est la fête !

 

Nous resterons à Maputo pour au moins un mois, puis nous prendrons fin avril ou début mai, la direction de la France mais cette fois en avion. Bagheera restera normalement bien sagement sur le parking près de l’appartement de Fred et Cely en attendant notre retour prévu pour début octobre. Nous repartirons alors pour de nouvelles aventures vers le nord du Mozambique, le Malawi, la Tanzanie, le Kenya…… 

 

 

Le voyage pour nous est temporairement terminé, nous allons prendre des vacances dans notre belle Touraine.

 

 

 

Bisous à vous, Eve, Marc et Ulysse.

 



23/10/2008
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