Bagheerafrica

Baobab n° 31 L'Afrique du Sud 1/3

Le Baobab N° 31 (Afrique du Sud)

 

 

Vendredi 22 février : Nous sommes loin des postes frontières du Burkina Faso, du Mali ou du Congo où les locaux ne sont parfois que cabanes ou bâtiments délabrés.

Ici, les bureaux sont en préfabriqués mais nous pouvons déjà mettre notre véhicule à l'ombre sous un grand porche. Un gardien nous donne ensuite une petite fiche sur laquelle nous inscrivons notre numéro d'immatriculation.

Sur cette fiche, des cases sont numérotées et nous indiquent l'ordre des bureaux administratifs où nous devons nous présenter. En premier, c'est l'immigration où tout est informatisé et nos visas délivrés dans les minutes. Ensuite les douaniers nous confirment bien l'entente entre différents pays africains pour le Carnet De passage en Douane. Le troisième bureau est la SAPS : South Africa Police Secours, le véhicule y est enregistré informatiquement. Notre fiche tamponnée dans les trois cases, nous la redonnons au gardien et entrons en Afrique du Sud. Ici, c'est simple comme un coup de tampon et gratuit.

 

Nous voici au pays où l'apartheid, ce régime de ségrégation systématique des gens de couleur, a été appliqué jusqu'en 1994. C'est aussi la patrie de Nelson Mandela, chef historique de l' ANC (African National Congress, organisation politique crée en 1912, fer de lance de la lutte contre l'apartheid). Mandela, organisateur de la lutte armée après l'interdiction de l'ANC de 1960 à 1990 est arrêté en 1962 et condamné à la détention à perpétuité en 1964. Libéré en 1990 après 27 ans et 190 jours de détention, il est l'un des principaux artisans du processus de démocratisation en Afrique du Sud. Il obtient le prix Nobel de la Paix en 1993 et en 1994, à l'issue des premières élections multiraciales, il est élu président de la république.  

 

Il fait une chaleur d'enfer, nous décidons d'aller au bord de la mer. Plus nous approchons de l'océan, plus le vent se lève et le bleu du ciel est masqué par une grisaille maritime. A Port Nolloth, pas moyen de bivouaquer sur le bord de la plage, soit le camping est interdit, soit les propriétés en obstruent l'accès. Nous sommes contraints de nous réfugier au Caravan Park et Chalet de Mac Douglas Bay (29°16'867 S - 16°53'798 E) l'endroit doit être sympa quand il fait beau car la plage est juste devant nous, mais pour le moment il fait de plus en plus froid. Pour la nuit, nous fermons toutes les fenêtres et redonnons du service à notre couette.

 

Samedi, à 7 heures du matin, il fait 15° dehors et il y a du brouillard. Le linge lavé de la veille et étendu dans le camion pour mieux sécher n'est même pas sec. Nous repartons de la côte sans regret, à quelques 20 kilomètres le brouillard se dissipe instantanément, le soleil et la chaleur reprennent leur droit, incroyable !

La ville de Springbok est très commerçante, nous trouvons à retirer de l'argent liquide, faire des courses au grand SPAR et à acheter et gouter au raisin blanc du pays. Délicieux et pas cher.

A Vanrhynsdorp, nous prenons la direction de Calvinia, une route touristique est indiquée sur la carte routière, mais 30 kilomètres plus loin, Bagheera se trouve face à une montée de 15% sur un dénivelé de plus de 900 mètres. Le moteur chauffe, nous essayons de rouler lentement  et de nous arrêter mais c'est encore plus difficile de repartir en pleine côte. Rien n'y fait, nous faisons demi tour. Toujours pas moyen de bivouaquer librement, les clôtures nous empêchent de nous écarter de la route et Eve n'est pas d'accord  avec l'idée de Marc de dormir sur un parking sur le bord de la route. Nous nous retrouvons donc de nouveau dans un Caravan Park à Vanrhynsdorp (31°36'91 S - 18°44'10 E)

 

Le lendemain, nous nous réveillons dans le brouillard. Nous prenons de bonnes douches chaudes et faisons  un peu de popote, histoire de réchauffer l'intérieur du camion. Nous tentons de nouveau une approche de l'Océan Atlantique.

A Klaver, nous bifurquons vers Spruitdrif et traversons alors une très agréable et verdoyante vallée viticole puis nous abandonnons le goudron pour la piste large mais tôlée qui mène à Lambert's Bay. La petite ville côtière qui est aujourd'hui un important  port de pêche qui exporte anchois et langoustes dans le monde entier est déserte et plongée dans la tristesse grisâtre du mauvais temps marin. En ce dimanche presque tous les magasins sont fermés à part une petite superette. Sur le parking, deux hommes nous font des grands signes, ils sortent furtivement de la poubelle à côté de laquelle ils sont postés, des langoustes ! Vu leur comportement ils ne doivent pas avoir l'autorisation de les vendre et c'est à la sauvette que pour 80 ZAR (Rand, monnaie du pays), soit 7euros, nous en achetons deux, ça fait trop envie !

Nous nous fions au Petit futé pour nous rendre à Elands Bay. Comme à Port Nolloth, il y a beaucoup de brume océanique et pas mal de vent. Nous nous garons sur un petit parking entre maisons et plage. Nous y pique niquons et profitons de l'endroit désert pour ramasser d'énormes moules. Voilà notre plateau de fruit de mer pour le diner !

Comme il est encore interdit de camper et que le temps nous rebute à chercher un bivouac au bord de la mer, nous partons vers Leipolville, Graafwater et Clanwilliam où nous traversons la rivière Olifants. Malgré la chaleur retrouvée dans les terres, nous voulons nous attaquer à la Pakhuis Pass. Espérons que la côte sera moins ardue de ce côté. La route qui sinue entre les énormes rochers bruns baignés par les rayons du soleil et qui semblent avoir été posés les uns sur les autres par la main de l'homme, est goudronnée sur quelques kilomètres mais devient une piste. Il faut encore laisser à Bagheera de longues minutes de pose pour que les ventilateurs refroidissent le moteur qui chauffe. Nous abandonnons encore une fois cette expédition. Il n'y a plus de clôtures, enfin et nous pouvons nous isoler dans un petit recoin de la montagne pour passer la nuit (32°08'192 S - 18°57'922 E)

 

Lundi 25 février : quelle nuit tranquille ! aucun bruit et pas trop froid mais notre réveil se fait dans les nuages. A Clanwilliam qui est dans la vallée et sous le soleil, nous trouvons un cybercafé et de quoi nous ravitailler. Les supermarchés sont attrayants et super bien achalandés. Dans la ville nous avons du mal à trouver notre chemin pour le splendide massif du Cedarberg mais à force de demander notre route à moult personnes, nous finissons par trouver la bonne piste.

Un spectacle inouï s'offre à nous durant toute la traversée du site, environs 100 kms. Des sommets des montagnes nous observons le tracé sinueux de la piste qui se perd dans l'immensité du paysage. Les côtes sont très raides et Bagheera souffre, les pauses sont obligatoires et dans les descentes se sont les freins qui chauffent. Nous passons à travers de nombreuses vallées qui sont toutes autant cultivés que les montagnes sont arides. Nous passons devant de grandes plantations d'oliviers et d'exploitations d'orangers et de manguiers dont les arbres un peu courtauds croulent sous les fruits énormes, pas moyen de les atteindre pour en chiper au moins une. Les vignes sont aussi omniprésentes autour de nous, celles de Cederberg à 900m sont les plus hautes d'Afrique du Sud.

Peu avant Prince Alfred Hamlet, nous bifurquons sur une « minus road » petite piste pour bivouaquer encore une fois « en liberté » dans une ancienne carrière (32°57'947 S - 19°23'79 E) il fait vite froid lorsque le soleil se couche derrière la montagne.

 

Le jour suivant nous quittons les montagnes. Nous traversons Ceres, ville connue et réputée pour la fabrication de ses jus de fruits (80% de la production des jus de fruits dans le pays est « Made in Ceres »). Dans la vallée, c'est le moment des récoltes des poires et des pommes. Les exploitations agricoles s'étendent à perte de vue. Très souvent, la maison des propriétaires est grande et coquette, celles des ouvriers sont modestes et identiques. Aux abords des grandes villes, les noirs les plus pauvres s'entassent dans les Townships, leurs maisons sont parfois de simples baraques de bois et de tôles. Nous remarquons alors vraiment les scissions encore visibles des conditions de vie entre les populations noires et blanches.

Nous quittons Cérès par la Michell's pass qui est superbe mais pleine de virages. La route de montagne jusqu'à wellington doit être magnifique mais il pleut et nous ne voyons pas grand choses de la vallée viticole qui doit être grandiose.

A Paarl, nous trouvons à l'Office de Tourisme beaucoup de documentation sur la route N62, la célèbre route des vins d'Afrique du Sud. Il pleut de plus en plus, nous pique niquons sur l'immense parking du Paarl Mall (hypermarché) qui est proche des caves viticole de KWV WINE EMPORIUM que nous visitons.

 

KWV est le domaine Sud-Africain le plus important de par sa taille et son rôle législatif dans l'histoire viticole du pays. Il produit plus de 100 vins différents et plus de 120 brandies. Ses gigantesques caves de 22 hectares sont connus pour leurs étonnants « Cathédral Cellars » (caves voûtées) et surtout pour abriter les cinq plus gros foudres au monde sous un même toit.

Après la visite très intéressante mais en anglais, nous passons à la dégustation, vins blancs, vins rouges, sherry et brandy et nous achetons à la boutique quelques bouteilles à des prix raisonnables .Il y a même un vin au gout de café, pas Top !

 

Sur la route de Franshloeck, nous tentons d'avoir une place de camping au Berg River Resort (33°47'842 S - 18° 57'80 E) car il y a une grande pancarte nous indiquant bien que les chiens sont interdits! Les propriétaires acceptent quand même Ulysse car ce n'est pas encore la saison touristique et il n'y a pas grand monde. Nous payons 40 Zar/per et 80 pour Bagheera qui est compté comme étant un mini bus, nous ne discutons pas.

 

Mercredi 27 février : Le soleil ne sait pas s'il doit briller ou non, finalement, ce sont les nuages qui ont le dessus. Nous arrivons à Cap Town par la N1. Nous faisons une balade rapide en camion à travers la ville qui se revendique capitale Sud-Africaine de l'art de vivre, de la mode et de la gastronomie puis continuons notre route jusqu'à la côte atlantique en passant par la route montagneuse de Silvermine Nature Réserve.

A Simon's town, très jolie petite ville balnéaire, nous ne sommes pas acceptés au camping à cause d'Ulysse. Cela va devenir un handicap car en plus nous ne pouvons pas faire de bivouacs sauvages et pourtant nous ne demanderions pas mieux. En passant le long de la mer, nous rendons visite à la colonie de pingouins de Boulders Beach qui se reposent sur les rochers en surplomb de la plage.

Au Karavan Park de Fish hoek, à proximité de la voie ferrée, nous ne déclarons pas notre chien que marc garde pendant qu'Eve remplie la fiche d'admission au bureau. La situation n'est pas aisée, nous nous installons de façon à ne pas être vu de l'office mais comme nous sommes seuls, nous sommes en point de mire des gardiens qui veillent à notre sécurité. Si bien qu'Ulysse est consigné une partie de l'après midi dans le camion et ce n'est qu'à la tombée de la nuit qu'il peut se dégourdir les pattes et faire ses besoins, nous avons la trouille qu'il aboie. C'est vraiment dommage car tout à proximité il y a une magnifique plage !

Demain est un grand jour car nous rendons visite au Cap de Bonne Espérance.

 

Bisous à vous, Eve, Marc et Ulysse.

            

 



20/10/2008
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